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ORTM : La voix publique de Mohéli étouffe sous le manque de moyens

ORTM : La voix publique de Mohéli étouffe sous le manque de moyens © : HZK-LGDC

Budget de fonctionnement jugé insuffisant, effectifs réduits, équipements à moderniser, signal radiophonique difficile à capter dans certaines zones et locaux vieillissants : plus de 25 ans après sa création, l’Office de la Radio et de la Télévision de Mohéli (ORTM) traverse une période de fragilité qui interroge sur les moyens accordés au média public.


À Mohéli, l’ORTM demeure un acteur essentiel de l’information de proximité. Journaux, émissions de sensibilisation, couverture des événements et programmes culturels accompagnent quotidiennement la population. Mais derrière cette mission de service public, les conditions de travail seraient de plus en plus difficiles. Selon un agent s’exprimant sous anonymat, l’institution souffre notamment d’un manque de visibilité sur son budget de fonctionnement. « Pour le budget de fonctionnement, on n’aperçoit rien. On nous donnait cela depuis le premier gouvernement de Fazul et Mohamed Ali Saïd, mais actuellement nous ne voyons rien », affirme-t-il. Cette situation compliquerait les déplacements, la couverture des événements, l’entretien des équipements et les dépenses courantes. Le manque de personnel constitue également une difficulté, certains agents étant contraints de cumuler plusieurs fonctions.

Un siège au cœur des interrogations. La question des locaux suscite également des interrogations. L’ORTM travaille toujours dans un ancien bâtiment datant, selon la source, de l’époque coloniale. Pourtant, un nouveau siège aurait été construit sous l’ancien gouverneur Mohamed Ali Saïd pour accueillir l’institution. Ce bâtiment aurait ensuite été mis à la disposition de l’ORTC, qui ne disposait pas alors de locaux fixes à Mohéli. Selon l’agent, cette mise à disposition devait être accompagnée de la réhabilitation de l’ancien siège de l’ORTM. « Nous avions donné le siège construit par Mohamed Ali Saïd à nos confrères de l’ORTC, à condition qu’ils réhabilitent notre ancien local », explique-t-il. Mais, toujours selon ce témoignage, cet engagement n’aurait pas été respecté. L’ORTC occuperait encore le bâtiment, tandis que l’ORTM continue de travailler dans ses anciens locaux. La source précise toutefois qu’il s’agissait d’un accord verbal et non d’un contrat écrit.

Signal et équipements à renforcer. À ces difficultés s’ajoutent des problèmes techniques. Le signal radiophonique reste difficile à capter dans certaines zones de l’île, limitant l’accès d’une partie de la population aux programmes publics. Les équipements de production, de montage, d’enregistrement et de transmission nécessitent également des investissements réguliers. Au-delà des conditions de travail des agents, l’enjeu concerne directement la population. L’ORTM joue un rôle important dans l’information, la sensibilisation et la valorisation de la culture mohélienne. Après plus de 25 ans d’existence, une question demeure : quels moyens les pouvoirs publics comptent-ils consacrer à l’ORTM pour lui permettre de remplir pleinement sa mission et de faire entendre sa voix partout à Mohéli ?

Riwad

 


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