Les résidants de Mayotte bloqués à Moroni ont été reçus hier à l’ambassade de France, sur le perron duquel, tôt le matin, hommes, femmes et enfants avaient tenu un sit-in pour faire pression. L’entrevue entre une délégation de trois personnes et le premier conseiller de l’ambassade s’est terminée en queue de poisson selon nos informations.
Ils étaient une quarantaine à avoir fait le déplacement jusqu’à l’ambassade, hier matin. Le but, faire pression aux autorités pour qu’elles organisent enfin leur retour à la maison, à Mayotte où ils résident. Une petite délégation de trois personnes aura été reçue par le premier conseiller de l’ambassade. Contrairement aux attentes, les discussions se sont terminées en queue de poisson d’après un membre de ladite délégation, interrogé par La Gazette des Comores. « En gros, rien n’a avancé car ils nous ont tout simplement annoncé qu’ils vont voir les voies et moyens pour organiser notre retour », nous rapporte notre interlocuteur, précisant qu’aucune date n’a été indiquée. Contactée par nos soins, l’ambassade, du moins notre contact, n’était pas en mesure de nous fournir dans l’immédiat la version de la chancellerie.
Arrivés à Moroni depuis fin 2019, ces 500 passagers s’y trouvent coincés depuis la fermeture des frontières à cause de l’épidémie de coronavirus. Côté gouvernement comorien, les dispositions sont prises pour assurer leur retour. Seulement, la partie française aurait refusé de mettre la main à la pâte avant que Moroni ne cède sur les reconduites à Anjouan des personnes que Paris considère comme étant en situation irrégulière à Mayotte, île comorienne sous administration française.
« Nous sommes devenus la monnaie d’échange dans un bras de fer entre les deux gouvernements français et comorien », avait regretté quelques jours auparavant Said Mohamed Said Hachim, dans nos colonnes. Début avril, alors que les frontières venaient d’être fermées, Moroni avait autorisé à Paris d’assurer le retour à Mayotte d’une soixantaine de personnes. Au sein des quelques 500 personnes bloquées, on compterait 137 nationalités françaises. Le Quai d’Orsay, le ministère des affaires étrangères de la République française, aurait enjoint à l’ambassade de Moroni pour un dénouement rapide de la situation. Le collectif n’a pas souhaité communiquer sur les éventuelles prochaines actions pour obtenir gain de cause.
Kamal Gamal
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC