Les professionnels des médias ont célébré le lundi dernier la journée mondiale de la radio, placée sous le thème « radio et paix ». Dans le pays, la journée est ignorée, même par les travailleurs de l’information. Pour Mohamed Said Abdallah Mchangama patron de la radio Hayiba Fm, si la journée est passée inaperçue, c’est que l’organisation à l’origine, l’Unesco, est peu présente dans le pays.
Le lundi 13 février, le monde de la radio a célébré la journée mondiale de la radio. Une journée déclarée par les Etats membres de l’Unesco en 2011 et adoptée par les Nations Unies en 2012 comme étant journée mondiale. Aux Comores, ni le gouvernement, ni les organisations professionnelles, encore moins l’organisation elle-même à l’origine de cette journée n’ont daigné organiser une activité pour marquer cette journée au thème interpelant « radio et paix ».Ce peu d’engouement manifesté par tout le monde, serait-il l’expression d’une perte de terrain de la radio qui reste malgré l’émergence des réseaux sociaux la principale source d’information pour la masse aux Comores.
Pour le fondateur et directeur de Hayiba Fm, s’imposant en si peu de temps comme la radio privée de référence aux Comores, la radio est loin de perdre ses ondes auprès de la population locale. «Elle est très écoutée par la population au domicile, dans les déplacements et même au travail pour les travailleurs indépendants », note celui dont les chroniques font du tapage dans les plateformes numériques de la même radio. Et de poursuivre : « C’est surtout la presse écrite, partout dans le monde qui pâtit des réseaux sociaux. Aujourd’hui beaucoup des grands quotidiens occidentaux, même dans les pays comme la France, où la presse bénéficie de soutiens publics, passent sous le contrôle des riches individus ou de sociétés privées. »
A l’en croire, aux Comores comme dans les pays africains et francophones, en termes de contenus, la radio fait mieux que la presse écrite. Pour cette dernière, d’après-lui « l’informationnel et l’actualité consistent en grande partie aux tribulations des autorités, de la classe politique et les organisations internationales. La vie de la population est peu présente.» Et d’ajouter : « les radios chantent, prient, papotent, parlent du quotidien. Ce qui n’est pas peu. Je n’oserai pas dire que le contenu des radios est plus pauvre que ceux de la presse écrite. Ce sont deux mondes différents. Les quotidiens écrivent pour les hommes publics, les organisations internationales, et une élite invisible qui comprend de moins en moins le français. »
Pour-lui, il est évident qu’avec l’évolution du digital, l’écrit journalistique va changer, parce que cet écrit sera une transcription par des ordinateurs capables de corriger bien des fautes. Selon cet ancien président de l’assemblée nationale, la question ne doit pas être posée sur la richesse ou la pauvreté du contenu d’un tel organe par rapport à un autre. Mais « comment informer sur ce pays que nous ignorons. Entrez dans une rédaction et demander la population de la moitié du sud de l’île, la population des 5ème et 6ème agglomérations, les noms en français et en comorien des 15 arbustes courants dans nos terrains vagues, l’œsophage, la rate, l’utérus, pourcentage en comorien. Quelle rédaction dispose d’une carte du monde dont les dimensions de l’Afrique ne sont pas écrabouillées par rapport à celle de l’Europe ? Combien de fois Domoni, Fumbuni, Djwaezi sont citées dans l’année dans la presse en général ? Au moins les radios de ces villes en parlent. »
Maoulida Mbaé
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