La Gazette

des Comores

Premiers forages pétroliers d’évaluation / La société anglaise Tullow Oil Comoros démarre en premier en 2021

Premiers forages pétroliers d’évaluation / La société anglaise Tullow Oil Comoros démarre en premier en 2021 © : HZK-LGDC

L’Institut de Recherche et d’Exploitation du sous-sol des Comores (IREX) a tenu une conférence de presse hier mercredi sur les perspectives, les défis et l’avenir du pays concernant les premiers forages du pétrole dans notre archipel. Selon la plate-forme IREX, La compagnie Tullow Oil Comoros, réalisera en 2021 les premiers forages d’évaluation des ressources des gisements des Comores sur trois blocs dont la superficie est de 18 000 km2.


L’Organisation non gouvernementale IREX a exprimé son inquiétude vis-à-vis des activités pétrolières que le pays va connaître après un an. Le président de l’IREX, Saïd Mohamed Abdou Soimadou a rappelé que depuis 20 ans, nous avons essayé de prouver aux Comoriens cette histoire du pétrole. Après des études géo-sismiques effectuées en mai 2011 par la société américaine GX Technologie, elles ont confirmé en 2012 que les eaux comoriennes possèdent 40 blocs (citernes) dont chacun a une superficie supérieure à celles de quatre îles. « Aujourd’hui, que plusieurs compagnies pétrolières mondiales telles que Rhino Oil, Petrobras, Total, Anadarko Petroleum, Sinopec et autres souhaitent des licences sur les blocs restants, le gouvernement prend conscience. Car 3 blocs dont 35, 36 et 37 sont déjà attribués aux sociétés Bahari Ressources et Discovers Exploitation Comores », montre-t-il.

Ces derniers sont déjà cédés à la Société Anglaise Tullow Oil Comoros qui va réaliser en mars 2021 les premiers forages d’évaluation. Une société qui possède 10 licences pétrolières en Afrique. « Elle a fait un forage pétrolier pendant 40 semaines en Ouganda alors que d’autres sociétés ont infirmé l’existence du pétrole. Donc nous avons beaucoup plus de chance que leurs activités pétrolières dans notre pays se fassent de façon plus rapide », soutient Idi Nadhoim, ancien vice-président sous l’ère Sambi, avant de regretter que « nous avons perdu beaucoup de temps car le président Azali s’est rendu compte récemment que nos eaux regorgent d’une quantité abondante de pétrole ».

Dans cette rencontre, Saïd Mohamed Abdou Soimadou s’est indigné du fait que le bureau géologique a écarté l’IREX dans les activités pétrolières. « Pendant 20 ans d’étude géo-sismique et de coopération avec la société GXT concernant l’exploitation de notre pétrole, le gouvernement actuel nous épargne de toute communication. C’est inconcevable », déplore-t-il. Quant au député Ibrahim Mohamed Soulé, l’exploitation du pétrole dans notre archipel pose déjà des problèmes. « Bien que l’île de Mayotte reste sous administration française, il est important de rappeler que nous sommes dans les mêmes eaux. La France possède uniquement le territoire mais nos aussi eaux », précise le député conscient que 17 blocs se trouvent sur les côtes mahoraises. Cet élu de la Nation a dénoncé le fait que le bureau géologique n’écarte non seulement l’IREX dans les travaux pétroliers mais l’Assemblée Nationale également. « Nous avons convoqué à plusieurs reprises le directeur du bureau géologique au parlement mais jamais il ne s’est présenté », ajoute-t-il. Et de conclure que « ces actes dissimulent quelque chose. Je regrette cette opacité entre le gouvernement et l’IREX concernant ces activités pétrolières ». Pour rappel, dès la confirmation des ressources par le forage d’évaluation prévu en 2021, le budget de l’Etat reçoit un crédit d’avance de l’ordre de 2 à 10 milliards de dollars. Une somme conséquente pour le développement économique du pays.

Kamal Gamal

 


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