Alors que le kilogramme de girofle se négocie actuellement autour de 2 500 francs comoriens à Mohéli, des producteurs mettent en garde contre certaines pratiques d’acheteurs ambulants. Plusieurs témoignages font état d’écarts importants entre les poids affichés sur les balances utilisées lors des transactions. Des producteurs affirment avoir constaté des différences allant jusqu’à plusieurs dizaines de kilos pour un même sac. À ces soupçons s’ajoute une autre préoccupation : le mélange de girofle avec ses épis, une pratique qui pourrait nuire à la qualité du produit et à sa valorisation auprès des grossistes.
La campagne de commercialisation du girofle bat son plein à Mohéli. Dans les villages producteurs, les transactions se multiplient, attirant des acheteurs qui sillonnent l’île pour s’approvisionner. Mais derrière cette activité économique importante pour de nombreuses familles, des producteurs dénoncent des pratiques qu’ils jugent suspectes et appellent leurs collègues à la vigilance. Il y a quelques semaines, alors que le kilogramme se vendait autour de 2 300 francs comoriens sur le marché, certains acheteurs ambulants proposaient jusqu’à 2 500 francs. Une offre plus avantageuse qui a attiré l’attention des producteurs. Toutefois, certains affirment avoir découvert des écarts troublants lors de la pesée de leurs récoltes.
Un producteur ayant requis l’anonymat raconte avoir accepté de vendre un sac de girofle au prix de 2 500 francs le kilo. Selon son témoignage, sa propre balance n’aurait affiché que 30 kilos pour un sac qu’il estimait beaucoup plus lourd. La contestation de son épouse, présente au moment de la transaction, aurait provoqué une altercation verbale, poussant les acheteurs à quitter les lieux. Quelques heures plus tard, le même sac aurait été pesé sur une autre balance, qui aurait indiqué 54 kilos. Le producteur dit également s’interroger sur le fonctionnement de sa propre balance, qu’il pensait avoir été mis en cause lors du premier contrôle. « Je n’ai toujours pas compris ce qui s’est réellement passé », confie-t-il.
À Djoiézi, Harité Avilaza rapporte une expérience similaire. Des acheteurs ambulants lui auraient proposé 2 400 francs le kilo alors qu’il n’avait pas encore décidé de vendre sa récolte. Habitué à conditionner son girofle dans des sacs pesant généralement entre 17 et 18 kilos, il affirme que l’un d’eux n’aurait affiché que 14 kilos sur la balance des acheteurs. Sur sa propre balance, le même sac aurait pesé 18,5 kilos. Face à cette différence, il dit avoir exigé que la transaction se poursuive avec son matériel, chose faite. Un autre producteur de Djoiézi, connu sous le pseudonyme de Ligo, livre un témoignage plus préoccupant. Il affirme avoir surpris un acheteur en train de placer un objet sous sa balance, lors de la pesée d'un sac de girofle récolté par son fils. Selon lui, ce geste aurait pu fausser le poids affiché. Il raconte avoir vivement réagi, avant que son fils ne l'empêche d'en venir aux mains avec l'acheteur.
Face à ces témoignages, les producteurs sont invités à vérifier systématiquement les pesées, à comparer les résultats sur plusieurs balances et à assister personnellement à chaque étape de la transaction. Par ailleurs, certains producteurs dénoncent le mélange par les acheteurs du girofle avec ses épis porteurs de clous. Cette pratique, lorsqu'elle affecte la qualité du produit commercialisé, pourrait contribuer à sa dévalorisation auprès des grossistes. Alors que le kilogramme de girofle atteint désormais 2 500 francs comoriens sur le marché local, la vigilance apparaît essentielle pour protéger les revenus des producteurs et préserver la réputation du girofle de Mohéli.
Riwad
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