Le Syndicat national des journalistes aux Comores exige au ministre des finances de présenter des excuses publiques. Ce dernier s’en était pris aux journalistes le 21 septembre, disant qu’il allait « les mettre en pièces » s’ils diffusaient des informations diffamatoires à son encontre.
Ce sont des propos qui chiquent. Le 21 septembre dernier lors de la passation de services avec son successeur à la tête de la direction de la douane, le nouveau ministre des finances s’est accordé quelques petites minutes pour un réquisitoire à l’encontre de la presse. Celui qui est régulièrement accusé de mauvaise gestion, par le journaliste Oubeidillah Mchangama, assurait avoir à ses services des milices dans deux localités de Ngazidja. Lesquelles milices il pourrait s’en servir pour régler ses comptes avec les journalistes qui l’auront diffamé. « Je ne compterai pas sur Djounaid (le procureur de la République de Moroni, Ndlr) pour diligenter une enquête, je les mettrai moi-même en pièces. Que ce soit bien clair, si les journalistes disent ce qu’ils veulent, je ferai aussi ce que je veux ».
Il eut fallu attendre jeudi 23 septembre après que le journaliste Oubeidillah Mchangama a reçu l’alerte qu’il a été recherché par une bande de jeunes pour l’« éliminer », pour que l’opinion publique se fasse l’écho de cette affaire. Le lendemain, vendredi, le Syndicat des journalistes a publié un communiqué pour exiger des excuses publiques de la part du ministre.
« Ces propos d’une violence inouïe et en tous points condamnables n’ont pas été tenus par un citoyen lambda mais par le tout nouveau ministre des Finances, lors de sa passation de service avec son successeur à la douane, le 21 septembre dernier. Bien entendu, le Syndicat National des Journalistes aux Comores condamne avec la plus grande vigueur la dangereuse déclaration tenue par l’argentier de l’État », écrit le SNJC.
« Le Snjc exige des excuses officielles et publiques dudit ministre, qui a longtemps été un fonctionnaire de l’Organisation des Nations Unies. Le Snjc rappelle qu’en novembre 2017, le ministre de l’intérieur, Mohamed Daoudou s’était fendu d’un communiqué publié dans la presse pour présenter ses excuses à la famille des journalistes après en avoir giflé un ». Enfin, le Snjc s’inquiète de la « longue dégradation de la liberté de la presse » en Union des Comores et appelle le chef de l’État, Azali Assoumani « à enfin prendre des mesures concrètes pour protéger les journalistes et leur profession ».
Andjouza Abouheir
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