L’Université des Comores (UDC) a annoncé l’ouverture des pré-inscriptions pour l’année académique 2025-2026, accompagnée d’une mesure qui fait déjà polémique. Les frais passent désormais à 25 000 KMF. Une augmentation qui ne laisse personne indifférent et qui suscite la colère des étudiants ainsi que de nombreuses familles.
Jusqu’ici, ces frais oscillaient entre 5 000 et 10 000 KMF. Leur multiplication par deux, voire par cinq, est perçue comme un choc. L’UDC précise que cette mesure concerne les nouveaux bacheliers, les étudiants reprenant après deux ans d’interruption et ceux demandant un transfert. Les inscriptions se feront exclusivement en ligne, du 25 août au 13 septembre 2025, via le site officiel de l’université (www.admission.univ-comores.com). Mais pour beaucoup, la pilule est dure à avaler. « Avec nos salaires déjà très bas, payer 25 000 KMF rien que pour une pré-inscription, c’est énorme », déplore Mariama Mroipvili, mère d’une bachelière. Les étudiants, eux, regrettent surtout un manque de transparence. « L’université aurait pu expliquer les raisons de cette hausse. Là, on nous balance un chiffre, sans justification », proteste Idrisse Mohamed, futur étudiant.
À cette controverse s’ajoute le bras de fer toujours en cours entre l’administration de l’UDC et le Syndicat national des enseignants (Sneuc). Alors que l’annonce des pré-inscriptions laisse penser à une rentrée effective, les enseignants rappellent qu’aucun accord n’a encore été trouvé. Contacté par La Gazette, le secrétaire général du syndicat, Youssouf Boinaheri, se montre ferme : « l’administration peut prendre ses décisions, mais pas sur notre dos. Nous sommes toujours en grève. Tant que nos cinq revendications ne seront pas satisfaites dans leur totalité, nous ne reprendrons pas les cours. D’ailleurs, l’année universitaire 2024-2025 n’est même pas encore bouclée. Alors parler déjà de 2025-2026, c’est prématuré. »
Même lui s’étonne de la flambée des frais : « La pré-inscription coûtait 5 000 KMF. Aujourd’hui, on lit dans le communiqué que c’est passé à 25 000 KMF. Peut-être que les droits d’inscription vont suivre la même tendance. Si c’est pour assurer un financement durable à l’université, cela reste à prouver. » En attendant, l’administration centrale se dit prête à lancer le processus dès le 25 août. Mais une question demeure : y aura-t-il réellement une rentrée académique sans compromis avec des enseignants déterminés à poursuivre leur grève ?
Kamal Gamal
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