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Pénurie de cigarettes aux Comores: Une flambée des prix qui révèle les tensions du marché

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Pénurie de cigarettes aux Comores: Une flambée des prix qui révèle les tensions du marché © : HZK-LGDC

Une pénurie de cigarettes est actuellement observée dans plusieurs localités des Comores, provoquant une hausse spectaculaire des prix et alimentant un climat de mécontentement des consommateurs. Ce phénomène, apparu ces derniers jours, met en lumière les fragilités du circuit d’approvisionnement et les dérives possibles en période de rareté.


Sur le terrain, les constats sont sans appel. Le prix d’un paquet de cigarettes, autrefois accessible autour de 500 francs comoriens, atteint désormais entre 1 000 et 1 500 francs dans certains quartiers de Fomboni. À Moroni, selon plusieurs témoignages, le paquet se vend désormais entre 3 500 et 5 000 francs. Une augmentation brutale qui se répercute également sur les cartouches, passées de 3250 francs à près de 20 000 francs à Fomboni. Cette flambée soudaine déséquilibre les habitudes de consommation et accentue la pression sur le pouvoir d’achat des citoyens. Face à cette situation, de nombreux consommateurs dénoncent des pratiques qu’ils jugent abusives. Certains accusent des commerçants d’en profiter pour appliquer des marges excessives, transformant une difficulté d’approvisionnement en opportunité lucrative.

Parmi eux, Bacar Hakim exprime sa frustration : « Avant, on pouvait acheter sans difficulté, mais aujourd’hui les prix ont explosé. Ce n’est pas normal que certains profitent de la situation pour multiplier les tarifs par quatre. » Il poursuit : « Même les petits consommateurs sont touchés. On a l’impression qu’il n’y a aucun contrôle, chacun fixe son prix comme il veut. » Du côté des vendeurs, le discours se veut plus nuancé et met en avant les contraintes du terrain. Nazer ben Youssouf, commerçant, explique que cette hausse n’est pas uniquement liée à une volonté de spéculation : « Nous aussi, nous subissons cette situation. Nous nous approvisionnons depuis Ngazidja, parfois depuis Anjouan, et la manière dont on nous vend les produits nous oblige à les revendre à ces prix. » Il détaille les difficultés rencontrées : « Les livraisons sont irrégulières, parfois on reste plusieurs jours sans stock. Quand la marchandise arrive, elle est déjà plus chère qu’avant, avec des coûts de transport qui augmentent aussi. Si on ne s’adapte pas, on vend à perte. »

Cette tension sur le marché semble s’inscrire dans un contexte plus large de perturbations logistiques entre les îles, notamment entre Ngazidja et Anjouan, où transitent une grande partie des marchandises. Des retards d’approvisionnement, combinés à une forte demande, suffisent à créer un déséquilibre rapide et à alimenter la spéculation. Au-delà du simple produit, cette pénurie ponctuelle met en lumière les limites d’un marché peu régulé, confronté à des fluctuations d’offre et à des écarts de prix souvent difficilement explicables entre les îles. Elle soulève également la question du rôle des autorités dans le contrôle des prix et la protection des consommateurs. En attendant un retour à la normale, les consommateurs restent dans l’incertitude, confrontés à des prix jugés excessifs, tandis que les vendeurs appellent à une meilleure organisation de la chaîne d’approvisionnement pour éviter de telles situations à l’avenir.

Riwad

 


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