Depuis quelques semaines, il n’est pas facile de trouver de la viande ou des ailes de poulet sur le marché, c’est même plus difficile que d’avoir du pétrole lampant. Un bateau transportant ces produits carnés est attendu à Moroni d’ici la fin de la semaine assure-t-on. Bien que cette pénurie ait des liens avec la pandémie de coronavirus sur le marché international, au niveau du pays elle s’explique par des raisons plutôt commerciales.
C’est depuis le mois de ramadan que les ailes de poulet et la viande ont disparu des congélateurs les magasins. Cette pénurie semble prendre son origine dans la décision du gouvernement de réviser à la hausse fixé la structure des prix de certains produits importés de première nécessité pendant le mois sacré, à travers l’Arrêté N°21-015 MEIEIETAPPG/CAB signé le 14 avril par le ministre de l’économie Houmed Msaïdié. Un arrêté portant encadrement des prix pendant le ramadan, qui n’aurait pas obtenu l’adhésion des commerçants dont la majorité a préféré retarder voire même bloquer leurs commandes, par crainte de devoir supporter un surcoût anormal, au risque de vendre à perte leur produits.
Le 2 mars dernier, lors d’une visite au groupe Hasoil, une des sociétés importatrices des produits carnés, tous les employés ont dit avoir les mains libres depuis des semaines. « Des conteneurs sont attendus au port de Moroni dans peu de jours », lance un des employés de cette entreprise, avant de préciser que « la cargaison devait être à Moroni depuis la fin du mois sacré, mais il y’avait des soucis de transport ».
Selon un autre grossiste, un navire transportant des produits carnés devait accoster au port de Moroni depuis hier mercredi. « Tout porte à croire que les produits tels que viande et ailes de poulet seront de nouveau dans les magasins dans les prochains jours », dit-il sans préciser la quantité attendue. Dans cette période de pénurie des produits carnés, il est à retenir que lorsque le gouvernement décidera arbitrairement sur la fixation des prix de certains produits, les commerçants ne réagiront que de la sorte. Car même, l’organisation patronale (Opaco) et le syndicat national des commerçants (Synaco) disent ne pas être impliqués dans la prise de décision portant encadrement des prix de certains produits importés pendant le mois sacré.
Kamal Gamal
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