La Gazette

des Comores

Pêche La CPSOOI renforce la coopération régionale

Pêche La CPSOOI renforce la coopération régionale © : HZK-LGDC

La 13ᵉ session de la Commission des pêches pour le sud-ouest de l’océan Indien (CPSOOI), ouverte à Moroni, marque une étape majeure dans la consolidation de la coopération régionale en matière de gestion durable des ressources halieutiques. Réunissant les représentants de 15 pays membres, cette session s’inscrit dans un contexte de pressions accrues sur les écosystèmes marins, exacerbées par la surpêche, le changement climatique et la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN).


Créée en 2004 sous l’égide de la FAO, la CPSOOI constitue aujourd’hui un cadre de concertation essentiel pour la gestion concertée des pêcheries dans le sud-ouest de l’océan Indien. À travers cette 13ᵉ session, la Commission entend renforcer son rôle stratégique en favorisant des décisions fondées sur la science, la coopération technique et l’harmonisation des politiques nationales. Les travaux sont guidés par des objectifs clairs : améliorer la gouvernance régionale des pêches, promouvoir l’approche écosystémique des pêches (AEP) et renforcer les mécanismes de suivi, de contrôle et de surveillance des activités halieutiques. Une attention particulière est accordée à la pêche thonière, aux conditions minimales d’accès aux pêcheries étrangères ainsi qu’à la lutte contre la pêche INN, considérée comme l’une des principales menaces pour la durabilité des ressources marines.

Au-delà des enjeux environnementaux, la CPSOOI place la sécurité alimentaire et nutritionnelle au cœur de ses priorités. Dans une région où des millions de personnes dépendent du poisson comme principale source de protéines animales et de revenus, la gestion durable des pêches apparaît comme un levier fondamental pour la résilience des systèmes alimentaires et le développement économique inclusif. La 13ᵉ session a mis également l’accent sur le rôle déterminant de la science dans l’élaboration des politiques publiques. Les rapports du Comité scientifique, les données issues des campagnes de recherche, notamment celles menées dans le cadre du Programme EAF-Nansen, ainsi que le renforcement des capacités nationales figurent parmi les points clés qui ont été de l’ordre du jour.

L’objectif est de doter les États membres d’outils et de compétences leur permettant de prendre des décisions éclairées, adaptées aux réalités locales et aux dynamiques régionales. L’intégration des dimensions sociales, économiques et de genre dans la gestion des pêches est également encouragée, afin de garantir une gouvernance plus équitable et inclusive du secteur. Pays hôte de cette 13ᵉ session, l’Union des Comores réaffirme, à travers la voix du ministre en charge de la pêche Daniel Ali Bandar, son engagement en faveur de l’économie bleue et de la gestion durable des ressources marines. Le Gouvernement comorien a rappelé ses priorités nationales, notamment le soutien à la pêche artisanale, la valorisation durable des ressources halieutiques et la protection des écosystèmes marins et côtiers.

En accueillant cette rencontre de haut niveau, les Comores se positionnent comme un acteur engagé dans la coopération régionale et la promotion de solutions concertées face aux défis communs du secteur des pêches dans le sud-ouest de l’océan Indien. Au terme de cette 13ᵉ session, la CPSOOI ambitionne d’aboutir à des recommandations opérationnelles, traduisibles en actions concrètes au niveau national et régional. Dans un contexte de vulnérabilité croissante des océans, la réussite de ces travaux dépendra de l’engagement continu des États membres, du soutien des partenaires techniques et financiers, et de la capacité collective à concilier exploitation des ressources, protection des écosystèmes et bien-être des populations.

Mmagaza

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.