L’Autorité nationale de régulation des TIC (ANRTIC) a réuni les deux opérateurs de télécommunications, Comores Telecom et YAS Comores, pour échanger sur le rapport du contrôle de la qualité de service des réseaux mobiles de 2025. Selon le rapport, aucun opérateur n’a validé les 22 indicateurs audités au niveau national. Des résultats jugés « peu satisfaisants » par le ministre des Postes et Télécommunications.
Au titre de ses prérogatives relatives au contrôle de la couverture des réseaux et de la qualité de service, l’ANRTIC mène des campagnes régulières de mesures de la qualité de service des réseaux mobiles, afin de veiller au respect des engagements pris par les opérateurs dans leurs cahiers de charges. Après la présentation du premier rapport de contrôle de la qualité de service (QoS) des réseaux mobiles en 2023, l’ANRTIC vient de publier celui de 2025. Les résultats ne sont toujours pas au rendez-vous. Selon le document, sur 22 indicateurs, Comores Telecom doit améliorer 8 indicateurs sur 22 à Ngazidja (soit 36,36% des indicateurs renseignés), 12 sur 22 à Ndzouani (soit 54,55%), et 10 sur 22 à Mwali (soit plus de 45,45%). Quant à YAS Comores, ils sont au nombre de 11 sur 22 à Ngazidja (50,00%), 13 sur 22 à Ndzouani (59,09%), et 14 sur 22 à Mwali (63,64%). Comme en 2024, aucun opérateur n’a pu valider l’ensemble des 22 indicateurs au niveau national (8/22 pour Comores Telecom et 7/22 pour YAS Comores).
« Nous avons travaillé avec les opérateurs pour identifier les axes d’amélioration et mettre en place des plans d’action concrets. Je suis heureux de constater que les efforts déployés par Comores Telecom et YAS Comores commencent à porter quelques fruits. Les indicateurs de qualité de service montrent des améliorations, notamment en matière de qualité des appels et de capacité de débit des données », a indiqué le directeur général de l’ANRTIC, Saïd Bouhtane.
Le directeur général de Comores Telecom, Moilim Amir Moilim, reconnaît que les résultats ne sont pas satisfaisants, mais note des progrès. « Je peux me contenter de ce qu’on a fait sur l’île d’Anjouan. L’année dernière, on était vraiment critiqué », a-t-il déclaré, tout en assurant une amélioration pour les années à venir. Quant au directeur de YAS Comores, Christophe Olivier, il affirme que ses résultats sont conformes. « Notre société travaille chaque jour pour améliorer et satisfaire les besoins de la population. Depuis 2024, nous avons mis en place de grands chantiers techniques pour améliorer la communication partout dans le pays. Nous assurons que nous allons améliorer la qualité de communication », a-t-il rassuré.
Les consommateurs des TIC, représentés par le président de l’ACTIC, Hamidou Mhoma, notent « quelques améliorations », mais estiment que le pays est encore très loin du compte. « Nous avions espéré que la répétition de ces contrôles permettrait aux opérateurs de rectifier le tir. Malheureusement, le constat est amer », a-t-il déclaré. Et de poursuivre : « Sur la question des seuils et de la conformité, l’ACTIC s’étonne de la facilité avec laquelle certains indicateurs sont déclarés conformes. Pour nous, le problème réside dans le niveau d’exigence : les seuils actuels de 1536 kbps en émission et 3072 kbps en réception pour les technologies 3G et 4G sont, à notre sens, beaucoup trop bas. » Il souligne qu’avec de tels débits, il est impossible d’assurer correctement des services à forte valeur ajoutée, comme les visioconférences, pourtant devenues indispensables pour les professionnels. « Si les opérateurs paraissent conformes, c’est simplement parce que la barre est placée trop bas. Aucun opérateur ne répond réellement aux besoins de l’économie numérique moderne », ajoute-t-il.
Sur les disparités régionales et la fracture numérique, le rapport montre des écarts flagrants entre les îles et d’un opérateur à l’autre. « Cette situation crée une véritable fracture numérique géographique au sein même de notre pays. Un citoyen à Mohéli ou à Anjouan ne devrait pas subir une qualité de service inférieure à celle de la Grande Comore », insiste-t-il. Et d’enchaîner : « Sur le silence des consommateurs, il est vrai que certains crient leur mécontentement sur les réseaux sociaux, tandis que d’autres restent silencieux. Mais ne vous y trompez pas : ce silence n’est pas un signe de satisfaction. C’est le signe d’une résignation face à un duopole qui n’offre pas d’alternative réelle. C’est d’ailleurs pour porter leur voix que l’ACTIC a prévu d’organiser très prochainement une conférence de presse dédiée à la qualité des services. »
Le ministre des Postes et Télécommunications, Oumouri Mmadi Hassani, présent dans la salle, n’a pas caché sa colère. Selon lui, ces résultats sont peu satisfaisants. « C’est inadmissible, intolérable. Il est temps que vous travailliez comme il faut pour satisfaire notre population. Demain, nous allons inaugurer notre Centre hospitalier universitaire d’El-Maarouf, et il serait impardonnable que nous ne puissions pas communiquer dans de bonnes conditions à l’intérieur du bâtiment. Non, cela doit être possible ! Vous êtes les deux opérateurs de téléphonie mobile, il faut faire avancer les choses. Sinon, s’il le faut, on fera venir un autre opérateur », a-t-il prévenu.
Nassuf Ben Amad
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