La Gazette

des Comores

Quand peut-on espérer un retour à la normale ?

Quand peut-on espérer un retour à la normale ? © : HZK-LGDC

Depuis trois jours, des files indiennes devant les stations-service à la recherche du carburant, plus particulièrement le gazole. La pénurie se fait ressentir au niveau de la route où la circulation est tout à coup devenue fluide, sans compter le branle-bas de combat dans les gares routières de la capitale.


De ces trois derniers jours, le constat est sans appel. Les files d’attente des véhicules qui prennent d’assaut les stations-service à la recherche de gazole sont éloquentes. Les automobilistes tentent tant bien que mal de remplir leurs réservoirs de gasoil. Parfois, l’attente dure toute une journée. C’est le cas de ce chauffeur de taxi de la ligne Moroni-Mitsoudjé qui a dû faire le pied de grue « du matin jusqu’en début de soirée », mercredi à Moindzaza Djoumbé, à 8 kilomètres environ au sud de Moroni. « C’était impossible pour moi d’accéder à la station-service avec la voiture, tellement il y en avait beaucoup. J’ai dû garer à coté pour y aller avec un jerrycan de 20 litres », déclare celui qui le lendemain (hier, Ndlr), fera des pieds et des mains pour avoir de quoi lui assurer une provision d’« au moins 3 jours », soit jusqu’au dimanche inclus.

 

Aux Hydrocarbures, le fournisseur des carburants, l’on ne nie pas l’évidence et l’on admet, pour une fois, une pénurie de gazole. Une source autorisée nous indique que cette situation touche uniquement l’île de Ngazidja laquelle, par ailleurs, est la mieux lotie en matière de distribution. Face à la gravité de la pénurie, les Hydrocarbures prennent un petit risque qui en vaut peut-être la peine vu le délai imparti pour l’arrivée d’un nouveau navire : celui de déshabiller Pierre pour habiller Paul. « Nous avons acheminé 150.000 litres depuis Anjouan pour ravitailler les stations-service. De quoi offrir une bouffée d’air jusqu’à l’arrivée d’un nouveau navire », nous confie notre interlocuteur qui annonce le samedi 12 aout comme date prévue pour l’arrivée dudit navire, auquel cas la situation devrait redevenir à la normale dès lundi au plus tard.

 

Face à cette situation qui engendre un sérieux problème de circulation des personnes et des biens en ces temps marqués par les festivités de mariage, et de l’arrivée des vacanciers de la diaspora, une question est sur toutes les lèvres : pourquoi les Hydrocarbures n’anticipent pas les pénuries, surtout à une telle période de forte consommation ? « Le dernier bateau qui était arrivé le 12 juin dernier, avait transporté 14 mille tonnes de carburant. Une quantité qui devrait suffire largement jusqu’à la fin de ce mois (d’aout), comme on l’avait dit. Mais le gasoil est très consommé par rapport aux autres produits surtout à la Grande-Comore. Je suis en mesure de vous dire que dans les autres îles, il n’y a aucun problème. Pas de pénurie ni présentement ni à l’horizon. Ils ont une quantité suffisante », martèle celui qui assure au passage que la livraison dans les stations-service du gazole attendu, « débutera samedi ou dimanche ». Aussi notre source assure-t-elle que n’eut été la panne qui a immobilisé le navire Faliki Ndjema appartenant à l’État, « on n’en serait pas arrivés là car on aurait pu avoir un ravitaillement d’une quantité importante depuis la Tanzanie ».

 

Nassuf Ben Amad

 


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