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des Comores

Ramadan à Mohéli: Manque de produits vivriers et hausse des prix des denrées importées

Ramadan à Mohéli: Manque de produits vivriers et hausse des prix des denrées importées © : HZK-LGDC

Pour la première fois, Mohéli débute un ramadan sans aucune banane au marché, ni manioc, ni taro. Pour les produits importés, la direction du commerce pointe du doigt les petits commerçants. Elle les accuse d’être à l’origine de la flambée des prix.


Ce dimanche 3 avril, qui correspond au premier jour du mois de ramadan sur l’ensemble du territoire comorien, à Mohéli c’est tout simplement du jamais vu. Au marché de Fomboni, il n'y a que du maïs, du melon et quelques produits qui ne font pas partie des denrées de première nécessité pour un mois de ramadan.

Dans un coin, en dehors du marché de Fomboni, nous avons trouvé quelques tas de bananes mais le prix n’est pas à la portée de toutes les bourses. Pour la première de l’histoire de Mohéli, un tas de bananes de 3 unités passe de 500 fc à 2000 fc. Une autre catégorie de tas de 2 petites pièces se vend à 1000 fc. « Tu ne peux pas imaginer combien j’ai acheté le sac de bananes » se justifie cette vendeuse qui, d’habitude ne vend pas ce genre de produit mais elle en profite. En quelques minutes, il ne lui restait plus rien. Tout a été acheté.

Pourtant, la veille les autorités avaient sillonné la ville pour mettre en garde les vendeurs contre les comportements spéculatifs sous peine de sanction. Quant aux produits importés, la direction régionale du commerce a effectué une descente dans les boutiques pour faire un constat sur les prix. Et ces agents de contrôle n’hésitent pas à accusent les petits commerçants de la flambée des prix.

« J'ai accompagné mes agents pour sillonner toutes les boutiques notamment chez les grossistes pour voir comment ils achètent leurs produits de l'extérieur ou des autres îles et quelles sont les charges jusqu'à l'arrivée de leurs marchandises à Mohéli, afin de faire une comparaison pour estimer le prix de vente », s’explique Daanoune Ali Issa, le directeur par intérim de la direction du commerce.

Après une comparaison des prix chez les petits commerçants, c’est la grande surprise. Selon ce directeur par intérim ce sont les petits commerçants de l'île qui sont responsables de ces  prix galopants. « D'abord les prix ne sont pas les mêmes dans toutes les boutiques. Certains vendeurs écoulent leurs marchandises sans se soucier de rien », regrette Daanoune Ali Issa. Selon lui, certains vendent le litre d'huile coûte 1500 fc, soit 15.500 fc le carton de 10 litres, soit un bénéfice de 3000 fc. Dans d'autres boutiques le prix du litre d'huile se négocie à 1400. Or au début de cette année, le litre d'huile coûtait 1000 fc.

Pour ce qui est de la farine, le sac de 25kg coûte 10.000 fc. Un sac de sucre coûte 28.000 fc, certaines boutiques vendent le kilo à 650 fc et d'autres à 750 fc pour réaliser un bénéfice de 5000 fc. Certains vendeurs se permettent de conditionner les prix des produits agricoles aux prix des produits importés. « Il faut vendre combien de tas de banane pour acheter un kg d'ailes de poulet ou un litre d’huile ? » se demande un vendeur du marché de Fomboni.

Riwad

 


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