Le rassemblement appelé par les organisations de la société civile pour dénoncer la vie chère n’a pas pu avoir lieu. Sans surprise, le ministère de l’intérieur a déployé la gendarmerie qui a bloqué l’accès au point de rassemblement à la Place de l’Indépendance. Une interdiction qui constitue, aux yeux des organisateurs et de nombreux observateurs, une atteinte aux libertés publiques.
Suite à la hausse des prix du carburant, la société civile et les organisations syndicales avaient appelé à un rassemblement populaire contre la vie chère le samedi 04 juin à la Place de l’indépendance. Dès le matin, les forces de l'ordre étaient déjà déployées sur place pour empêcher les manifestants d’y accéder. Le rassemblement avait un seul objectif : dire non à la vie chère. La trentaine de personnes qui avaient tenté de s’y rendre, seront vite dispersés sans ménagement par la gendarmerie nationale, même les journalistes. Faut-il rappeler qu’après l'annonce de ce rassemblement contre la vie chère, les initiateurs du mouvement ainsi qu’un artiste étaient convoqué à la gendarmerie.
Il est fort probable que c'est pour cela qu'ils n'étaient pas présents à la place de l’indépendance. Ont-ils été intimidés ? « Ma présence ici, c'est juste pour dire non à la hausse des prix du carburant mais aussi la vie chère. Partout où il y a ce genre de situation, les gouvernements accompagnent la population. Le nôtre, il ne fait rien que détourner les deniers publics. Chaque crise, c'est la population qui doit la subir. Je ne sais pas quel miracle, mais nous devons mourir avec cette vie merdique », explique un jeune homme rencontré dans la rue refoulé par les forces de l’ordre.
Un autre, très en colère montre qu'il n'a jamais pris part dans une manifestation surtout s'il s'agit de politique. Mais, aujourd'hui c'est une question de survie. « On en a marre d'encaisser les coups du gouvernement. L'Etat a installé depuis un scanner à la douane, il prend beaucoup d'argent pour chaque conteneur. Jusqu'à présent nous payons 30.000 FC de tests Pcr pour voyager et pourtant la plupart des pays n’en demandent plus. Il y a eu aussi des aides financières pour le Kenneth et la Covid-19. Il nous avait pris 10% sur chaque salaire dans la période de Kenneth. Où est passé tout cet argent », s’interroge-t-il.
Et d’ajouter que « aujourd'hui, il vient d'augmenter les prix du carburant, sans aucune mesure d'accompagnement. C'est trop quand même, l'Etat doit trouver une solution ». Ce dernier se dit choqué de voir des gendarmes partout, pour empêcher les citoyens de manifester.
Nassuf Ben Amad
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