La Gazette

des Comores

Remaniement ministériel : Jeunes et novices

Remaniement ministériel : Jeunes et novices © : HZK-LGDC

Le nouveau gouvernement qui vient d’être mis sur pied se distingue par ses visages jeunes à la fois par l’âge que par l’expérience.


Lundi 1er juillet est publié le décret portant nomination des nouveaux membres du gouvernement Azali, six mois après sa réélection et un mois après son investiture. Des changements majeurs se sont opérés. Parmi les plus notables, la non-reconduction du ministre de l’Agriculture et non moins porte-parole du gouvernement sortant, Houmed Msaidie. Ce leader charismatique du parti RADHI qui a fusionné récemment avec la CRC, le parti au pouvoir, a été remplacé par Daniel Bandar, jusqu’ici secrétaire général du gouvernement. Il faut dire qu’aucun ministre n’a été reconduit, exception faite pour Mahamoud Fakridine, ministre de l’intérieur et indéboulonnable patron du service de renseignement.

 

Si des hommes qui ont dépassé la cinquantaine se comptent parmi les nouveaux membres du gouvernement à l’instar du ministre de l’Aménagement du territoire et celui de l’Énergie, les postes dits clefs sont plutôt confiés à des quadragénaires, à l’expérience plutôt relative. Aux Affaires étrangères, c’est un ancien chargé d’affaires à l’ambassade des Comores en Chine qui est nommé. Mbae Mohamed, puisqu’il s’agit de lui, a su se débrouiller seul à Pékin pendant la période difficile de Covid-19. Après avoir raccroché les gants un peu plus tard suite à une embrouille avec le nouvel ambassadeur, il est rentré à Moroni avant d’être intégré au sein de la cellule technique qui avait entouré Azali Assoumani en tant que président de l’Union africaine entre févier 2023 et février 2024.

 

Le diplomate de 42 ans partage rue Place de l’indépendance avec un autre ministre du même âge au sein d’une équipe dont la moyenne d’âge est de 47 ans contre 57 pour la précédente. Ibrahim Mohamed Abdourazak, un produit du commissariat général au plan passé par le secrétariat général du gouvernement où il était numéro deux, est en effet le nouveau ministre des Finances. Cet économiste spécialiste en gouvernance succède à Mze Aboudou Mohamed Chafioun, ancien gouverneur de la Banque centrale en poste depuis 2021. Les défenseurs du nouvel argentier de l’État se veulent rassurants quant à ses capacités à mener ses missions à bon port :

 

« Il faut savoir qu’un ministre des Finances n’agit pas seul. Il a à ses côtés le service de contrôle financier, la direction du budget, et le trésor. Toutes ces équipes sont là pour veiller au grain, parce que c’est le ministère des Finances », nous confie une source proche, convaincue que le carnet d’adresse « très fourni » que l’intéressé a pu se construire pendant son passage au Plan et à la présidence, lui serviront de tremplin pour ses premiers pas auprès des partenaires en tant qu’argentier de l’Etat.

 

Dans ce nouveau gouvernement, le doyen d’âge a 60 ans, et le benjamin, 35. Il compte deux femmes contre une dans le précèdent. « La lecture que je fais de cette nouvelle équipe est la volonté du président de la République de rajeunir son gouvernement et accorder davantage de place à la femme. J’avoue qu’il reste beaucoup à faire, mais je crois qu’on est sur la bonne voie quand même », conclut notre interlocuteur. Reste maintenant à savoir si ces jeunes qui tiennent pour une fois les rênes du pays, seront à la hauteur des légitimes attentes de la population…

Nassuf Ben Amad

 

 

 


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