La Gazette

des Comores

Reprise des mariages, une bouffée d'oxygéne pour l'économie impactée par la covid-19

Reprise des mariages, une bouffée d'oxygéne pour l'économie impactée par la covid-19 © : HZK-LGDC

Le président de la république a autorisé depuis le 21 décembre dernier la célébration des festivités liées aux mariages. Aussitôt déclarée, la reprise des mariages est applaudie sur deux angles différents : côté économique et côté social. Toutefois, certaines personnes très septiques au comportement de la population par rapport aux mesures barrières trouvent prématurée la décision du président Azali Assoumani.


Depuis avril dernier, le gouvernement a pris une ribambelle de mesures sanitaires pour protéger la population du terrible virus qui continue toujours de sévir dans le monde. Des mesures qui ont impacté sévèrement l'économie du pays, par la fermeture des frontières et des écoles mais aussi par la suspension des festivités matrimoniales qui a sérieusement paralysé l'ensemble des activités commerciales. Après l’annonce du chef de l’Etat Azali Assoumani levant les mesures et restrictions de la Covid-19, plusieurs Comoriens n’ont pas caché leur joie de pouvoir organiser librement leurs festivités. Le regard des citoyens concernant la libération des mariages, s'explique sur deux angles différents : côté économique et côté social. Sur l'angle économique, le patron de la société Huriya n’a pas caché sa joie. « Cette nouvelle va faire tourner le marché. Non seulement mon produit mais ceux qui vendent également les produits carnés. Tout le monde sait que c'est dans les festins organisés pendant les mariages que les produits Salsabil, Aden et Hurya se vendent abondamment », montre Maduhuli Mohamed. Pour Chabane Abdallah Halifa, patron du groupe Hasoil a dit avoir subi la perte d’un conteneur d'ailles de poulet et une quantité importante de cuisses dès le début de la pandémie et a été contraint de réduire sa quantité de commande à l'extérieur. « Si la reprise des grands mariages se maintient vers les mois suivants, je vais revenir sur mes commande habituelles », dit-il.

 

De leur côté, les couturiers se disent comblés de joie par cette décision du président de la République même s’ils seront débordés par les commandes. Voici le sentiment du Madame Chifayin, propriétaire d'un atelier de couture à Vouvouni. « Depuis le mois de novembre 2019, on m'avait confié la confection des bonnets et des vêtements traditionnels qui devaient être prêts après trois mois. Mais la crise sanitaire a provoqué la suspension des festivités liées aux mariages qui, par conséquent nous a fait plonger dans l'inactivité. Pour le moment, on a du pain sur la planche mais il vaut mieux cela que rien », avance-t-elle. Selon eux, depuis avril dernier, ils étaient confrontés à une crise financière inégalable. « A part les mariages, il y'a eu deux fêtes religieuses (AÏD) pendant lesquelles les citoyens n'ont pas pu porter de nouveaux boubous comme il est de coutume », poursuit-elle pour dire que la reprise des mariages est l’une des bases de l'économie de notre pays.

 

Sur le plan social, la suspension des grands mariages pendant 10 mois a impacté l'admission des citoyens d'un rang social à l'autre. C'est cette valeur hiérarchique (notabilité) qui forge l’honneur de tout comorien en quête de statut social reconnu, après accomplissement du grand mariage coutumier dans nos villes et villages. Hassan Mohamed Djalim, grand notable de Moroni Badjanani montre que l’annonce du président Azali Assoumani reste la meilleure décision pour finir en beauté l’année 2020. « Nous allons reprendre nos Madjliss car ça nous avait trop manqué », dit-il.

 

Pour Docteur Masse, il explique à son tour que l’importance des festivités de mariages se base sur l'économie du pays et non sur la nourriture. « Je pense que ce choix de reprendre les activités du mariage est bien étudié, car depuis un moment les comoriens attendaient ce moment. Les mariages contribuent beaucoup dans l'économie et dans le développement local. C’est grâce aux festivités des mariages aussi qu’on tisse des liens sociaux et un rapprochement des gens », dit-il. Ce grand symbole des travailleurs à Moroni Terminal, soutient que « 75% de la population trouve son harmonie et son rang de dignitaire grâce à l'accomplissement du grand mariage, et cela fait partie de notre culture ».

 

Dans un contexte de crise sanitaire mondiale, notamment la deuxième vague du Covid-10 à Moheli, certaines affirment que le président ne devrait pas autoriser toutes les manifestations surtout dans les grands mariages. « Le président Azali Assoumani n’avait pas à autoriser toutes les manifestations sous prétexte d’imposer le respect des mesures barrières d’autant que dans certains lieux il est impossible de les faire respecter, le cas des grands mariages », affirme Mohamed Ibrahim, un professeur de français. Pour lui, le discours du chef de l’Etat n’a pas suffisamment tenu compte de l’évolution du virus au niveau mondial. « Plusieurs pays confinent à nouveau leurs populations pour la deuxième ou la troisième fois, parce que la Covid-19 s’est, de nouveau, réveillée », poursuit-il comme pour dire que ce n’est pas le moment de baisser la garde. Le 21 décembre dernier, le président avait annoncé que tout événement nécessitant un rassemblement, l'application des mesures barrières (port de masque, lavage des mains par du gel hydro-alcooliques) doit être obligatoire.

 

Kamal Gamal

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.