Notre pays accueille jusqu’à ce jeudi 26 mars, un atelier régional consacré à l’amélioration de la manipulation, de la transformation et de la conservation du poulpe, une initiative visant à renforcer l’accès aux marchés tout en soutenant la conservation de la biodiversité marine dans l’océan Indien occidental.
Organisé avec l’appui de l’Union africaine à travers le Bureau interafricain pour les ressources animales (AU-IBAR), en collaboration avec des institutions académiques et des organisations régionales, cet atelier réunit à Moroni des experts, chercheurs, acteurs de la pêche artisanale et représentants de plusieurs pays de la région. Dans son allocution d’ouverture, le ministre en charge de la Pêche, Daniel Ali Bandar, a rappelé le rôle stratégique de la pêche artisanale pour les économies insulaires. Selon lui, cette activité constitue une source majeure de revenus pour des milliers de familles, contribue à la sécurité alimentaire et favorise l’emploi des jeunes ainsi que l’autonomisation économique des femmes. Toutefois, malgré un potentiel important, une part significative de la valeur des produits halieutiques est encore perdue après la capture en raison de pratiques post-récolte insuffisantes. Le ministre a souligné que l’amélioration des techniques de manipulation, de transformation et de conservation représente un levier essentiel pour améliorer la qualité des produits, réduire les pertes et accéder à des marchés plus rémunérateurs.
Prévu du 24 au 26 mars 2026, l’atelier s’articule autour de sessions techniques, de démonstrations pratiques et de visites de terrain. Les participants abordent notamment la stratégie africaine de l’économie bleue, l’état régional de la pêche artisanale du poulpe, les technologies post-récolte adaptées aux petites pêcheries les normes sanitaires et les exigences d’accès aux marchés, l’intégration du genre et de la jeunesse dans les chaînes de valeur ainsi que les impacts du changement climatique sur les ressources marines. Les formations pratiques portent sur des techniques simples et accessibles, telles que le tri, la mise en glace, les méthodes d’hygiène, la réfrigération, le séchage ou encore la valorisation de produits à valeur ajoutée adaptés aux communautés locales. L’atelier accorde une place centrale à l’apprentissage par la pratique. Une mission de terrain permet aux participants d’observer directement les opérations de débarquement, de transformation communautaire et les interactions avec les acteurs du marché.
Cette approche vise à adapter les solutions aux réalités locales et à favoriser le partage d’expériences entre pays de la région. Les discussions mettent également en avant les résultats encourageants observés dans certaines zones où la gestion communautaire des ressources a permis une reconstitution progressive des stocks et une meilleure traçabilité des captures. Un accent particulier est mis sur le rôle des femmes, largement impliquées dans la transformation et la commercialisation du poulpe. Les organisateurs estiment que leur inclusion, ainsi que celle des jeunes, constitue une condition essentielle pour le développement durable de la filière. L’atelier explore ainsi les opportunités entrepreneuriales liées à l’amélioration des pratiques post-capture et à l’adaptation aux défis climatiques.
Au-delà du renforcement des capacités techniques, la rencontre vise à consolider la coopération régionale dans la gestion durable des pêches artisanales. Les échanges entre experts et communautés doivent aboutir à des actions concrètes pour améliorer les revenus des pêcheurs tout en préservant les écosystèmes marins. Le gouvernement comorien a réaffirmé son engagement à promouvoir une pêche durable, inclusive et créatrice de valeur, tout en appelant au renforcement du partenariat régional et à l’appui des partenaires techniques et financiers.
Mmagaza
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