La Gazette

des Comores

Six ans après son diplôme, toujours sans emploi : Le cri d'alarme d'une jeunesse en attente d'opportunités

Six ans après son diplôme, toujours sans emploi : Le cri d'alarme d'une jeunesse en attente d'opportunités © : HZK-LGDC

Alors que l'emploi des jeunes figure parmi les priorités affichées des pouvoirs publics, de nombreux diplômés peinent encore à intégrer le marché du travail aux Comores. Le parcours de Kadaidine Djaza Ahmed, technicien en tourisme et hôtellerie, illustre les difficultés d'une génération qui, malgré ses qualifications, attend toujours que les promesses de l'État se traduisent en opportunités concrètes.


Aux Comores, le chômage des jeunes diplômés reste un défi majeur. Chaque année, de nombreux jeunes achèvent leur formation avec l'ambition de contribuer au développement du pays, mais beaucoup se heurtent à un marché de l'emploi fermé. Le parcours de Kadaidine Djaza Ahmed en est un exemple révélateur. Diplômé en tourisme et hôtellerie depuis six ans, il affirme avoir multiplié les candidatures auprès des administrations, des établissements hôteliers et des entreprises privées, sans jamais décrocher un emploi dans son domaine. « Cela fait déjà six ans que j'ai obtenu mon diplôme et les portes restent fermées. Je constate que je ne suis pas le seul. Beaucoup de jeunes diplômés, malgré leurs compétences, peinent à trouver leur place sur le marché de l'emploi », témoigne-t-il.

Pour subvenir à ses besoins, il exerce aujourd'hui de petits travaux de peinture, une activité éloignée de sa formation, mais indispensable à sa survie. « Ces petits travaux me permettent de vivre, mais mon objectif reste d'exercer le métier pour lequel j'ai étudié », confie le jeune technicien. Selon lui, le problème n'est plus celui de la formation, mais bien du manque d'opportunités professionnelles. « Après six années d'attente, ce dont j'ai besoin, c'est d'une véritable chance de mettre en pratique mes compétences », insiste-t-il. Kadaidine évoque également un manque de transparence dans certains recrutements. « On nous contacte parfois pour des opportunités, mais lorsque les postes sont attribués, nous sommes souvent écartés. Beaucoup de jeunes vivent cette même situation », déplore-t-il.

Au-delà de son cas personnel, son témoignage met en lumière les difficultés rencontrées par de nombreux jeunes diplômés comoriens. Alors que le tourisme est régulièrement présenté comme un secteur stratégique pour la création d'emplois, nombre de professionnels qualifiés demeurent sans perspective, contraints d'accepter des emplois précaires ou sans rapport avec leur spécialité. Cette réalité soulève des interrogations sur l'efficacité des politiques publiques d'insertion professionnelle, la transparence des recrutements et la valorisation des compétences nationales. Pour toute une génération, les promesses ne suffisent plus : les jeunes attendent désormais des actions concrètes pour transformer leurs diplômes en emplois durables et participer pleinement au développement des Comores.

Riwad

 


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