Dernièrement, les prix de certains produits alimentaires ont brusquement grimpé dans les marchés. Au petit marché de Moroni, le poisson et l’ail ont des prix hallucinants. Les raisons sont multiples. A en croire les vendeurs, la pénurie du pétrole reste la première cause. Mais l’effet diaspora est passé par là. L’arrivée massive des « je viens » et la frénésie des cérémonies des grands mariages en cette période estivale explique en partie cette forte spéculation dans le commerce.
10h 00 au petit marché de Moroni, panier à la main, Fatima Mohamed ne voit que certaines tables qui ont du poisson. Contente de l’avoir aperçu, elle se précipite et demande combien coûte le Kilo. « Le thon rouge, on le vend aujourd’hui à 2500 FC le kilo », lance un vendeur. Ce dernier rappelle à la dame qu’il y a trois jours, le Kilo du thon rouge valait 4000 Fc. Sans avoir le choix pour ne pas manger des ailes de poulet chaque jour, elle prend le kilo. « Ca fait déjà quelques semaines que je ne mange que du poulet car on ne trouvait plus de poisson, dit-elle. Et si on le trouve, il se vend à 4000 Fc et moi, je n’ai pas les moyens. Mais aujourd’hui, il est un peu abordable ». Depuis quelques jours, les prix de certains produits alimentaires comme le poisson et l’ail pour ne citer que ceux là ont brusquement grimpé. Un renchérissement considéré comme une arnaque.
Pour les vendeurs de poisson, cette hausse des prix s’explique par la pénurie de pétrole qui a frappé l’île de Ngazidja depuis quelques semaines. « Vous savez très bien que le pétrole est un produit essentiel pour la pêche. Et aujourd’hui, on n’en trouve plus et on et on est obligé de nous réfugier aux méthodes archaïques », montre Abdillah, vendeur et pêcheur. Et lui d’ajouter que « si vous saviez les difficultés que nous rencontrons en mer, sûrement vous nous donnerez raison. On part en mer à nos risques et périls. Si nous nous perdons, on nous trouvera difficilement ». D’autres pêcheurs évoquent aussi des difficultés saisonnières. « Nous sommes en pleine saison de Kusi, on prend vraiment des risques », avance un autre pêcheur.
En dehors du poisson, c’est l’ail qui reste aussi inaccessible. Le prix de l’ail grimpe de 4000 FC à 6000 FC. Des prix qui ne laissent pas les citoyens sans réaction. Une dame, la cinquantaine se dirige vers une brouette où on trouve de l’ail et des oignons. Et elle demande le prix. « Le prix de l’ail est à 4000 FC et 6000 FC pour les gros ». Et la dame reste bouche cousue. « D'où sortez-vous ces prix ? Ce n’est pas du tout normal », lâche-t-elle. « Mais c’est vraiment incroyable de voir du jour au lendemain les prix augmenter. Nous devons absolument trouver une solution à ce problème », ajoute-t-elle.
Les vendeurs eux-mêmes ne savent même pas expliquer la raison cette flambée des prix. « D'habitude les oignons n'ont pas le même prix que l’ail. Mise à part cela, je ne peux rien dire. Mais je sais que maintenant les récoltes ne sont pas bonnes à Madagascar. Mais cela n'explique pas pourquoi cette hausse des prix », indique, un vendeur d’oignons, Abakar dit Batoko. Ce dernier analyse les causes et les conséquences et il en déduit l'absurdité. En cette période, seuls les légumes sont abordables. Mais tout ce qui est banane, songe et manioc, il faut avoir un portefeuille bien rempli.
Kamal Gamal
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