La Gazette

des Comores

Société des ports : Claude Ben Ali Bacar mise sur la modernisation

Société des ports :  Claude Ben Ali Bacar mise sur la modernisation © : HZK-LGDC

Deux ans après sa nomination à la tête de la Société comorienne des ports (SCP), Claude Ben Ali Bacar défend une gouvernance axée sur les résultats. Apurement des arriérés de salaires, réhabilitation d’équipements maritimes, renforcement de la sécurité et modernisation des infrastructures : il met en avant des investissements cumulés dépassant 233 millions de francs comoriens, tout en annonçant de nouvelles priorités pour faire des ports des leviers de croissance économique.


Depuis sa prise de fonction en août 2024, Claude Ben Ali Bacar dit avoir adopté une approche pragmatique pour faire face aux difficultés de la SCP. Sa première priorité a été de résorber les dix mois d’arriérés de salaires. Plus de 122 millions de francs comoriens auraient été mobilisés progressivement afin d’en apurer une part importante. « Le salaire n’est pas seulement une dépense comptable, c’est la reconnaissance du travail accompli », souligne-t-il, revendiquant une méthode fondée sur « la preuve, les chiffres et le concret ». Cette logique s’est également traduite par des interventions sur les moyens maritimes. Après l’incendie du Falk Ndjema (un navire appartenant à une autre société d'état, la SOCONAM), la SCP a accompagné sa remise en état à hauteur de plus de 87 millions de francs. À cela s’ajoutent plus de 24 millions de francs consacrés à la réhabilitation du remorqueur Al Hifadh II. Pour lui, préserver ces équipements revient à protéger une chaîne économique essentielle à un archipel dont les échanges dépendent largement du transport maritime.

Au-delà du renouvellement de la flotte, les trois ports comoriens ont également bénéficié de travaux de réhabilitation et de modernisation. L’acquisition de deux véhicules 4x4, l’amélioration des conditions de travail et l’installation de près d’une centaine de caméras de surveillance figurent parmi les réalisations mises en avant par la direction. Des salles de contrôle dédiées ont également été aménagées afin de renforcer la surveillance et la sécurité des installations. Interrogé sur le coût du projet de déploiement des 82 caméras, le directeur général n’a pas souhaité avancer de chiffres. Il a toutefois évoqué des projets d’envergure destinés à renforcer les capacités opérationnelles des ports, notamment la formation d’agents à la lutte avancée contre les incendies et le développement d’autres compétences techniques spécialisées.

Parallèlement, la formation du personnel et la modernisation des procédures s’imposent comme des priorités. La digitalisation doit permettre d’améliorer la traçabilité des opérations, d’accélérer la circulation de l’information et de limiter les risques liés aux traitements manuels. « On ne peut pas moderniser les outils sans moderniser les compétences », insiste-t-il. À moyen et long terme, les ambitions de la Société comorienne des ports (SCP) dépassent la gestion quotidienne des infrastructures. Le développement du port de Bangoma, la perspective d’un corridor maritime et le projet de création d’une compagnie maritime nationale s’inscrivent, selon Claude Ben Ali Bacar, dans une stratégie visant à dynamiser les échanges, attirer les investissements et favoriser la création d’emplois.

Sur le plan administratif, il a notamment mis en avant les efforts engagés pour la mise en place du premier conseil d’administration de la société, créée en 2013. Un chantier qu’il présente comme une étape importante dans la structuration de la gouvernance de la SCP. La question de l’harmonisation des tarifs portuaires, régulièrement source de préoccupations pour les opérateurs économiques, a également été soulevée. Sur ce point, M. Ben Ali affirme que le travail préparatoire a été effectué et que le processus attend désormais la signature des textes nécessaires. « Les tarifs ont été remis là où il fallait. On attend qu’ils soient signés pour harmoniser les tarifs dans les trois ports », a-t-il indiqué. Une harmonisation annoncée depuis plusieurs années, mais dont la concrétisation reste attendue par les acteurs économiques.

Interrogé sur les différents défis qui persistent, le directeur général inscrit cette orientation dans la dynamique nationale de développement portée par le président Azali Assoumani. Pour la SCP, l’enjeu consiste désormais à traduire les ambitions affichées en résultats durables, à travers des équipements opérationnels, des personnels mieux formés et une administration portuaire plus performante. Le cap revendiqué par Claude Ben Ali Bacar est de faire des ports comoriens davantage que de simples points de transit des marchandises : de véritables leviers du commerce et du développement national. Reste à concrétiser ces engagements pour répondre durablement aux attentes des opérateurs économiques et accompagner le développement du pays.

 Younes

 

 


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