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des Comores

Taxi-ville : 51 taxis déjà enrôlés dans le nouveau système d’identification

Taxi-ville :  51 taxis déjà enrôlés dans le nouveau système d’identification © : HZK-LGDC

La capitale amorce une réforme du transport urbain avec l’identification des taxis-ville. Portée par le syndicat Usukani wa Masiwa, l’initiative vise à renforcer la sécurité des passagers et à mieux encadrer la profession.


À Moroni, le secteur du transport urbain tente de se structurer. Le 13 juillet dernier, la cellule locale du syndicat Usukani wa Masiwa a lancé une opération de pose d’autocollants numérotés sur les taxis-ville. Une initiative qui marque un tournant dans un secteur souvent pointé du doigt pour son manque d’organisation. Dès le premier jour, 51 taxis ont été enregistrés. Un chiffre encourageant pour les initiateurs, même si plusieurs candidatures ont été rejetées pour non-respect des critères fixés par le syndicat. Joint par nos soins, le porte-parole de Usukani wa Masiwa, Hassane Mhoma, revient sur les motivations de l’opération. « Cette idée nous est venue par rapport à ce qui se passe dans le pays. Nous avons compris que chacun d’entre nous, partout où il se trouve, doit contribuer à la paix », explique-t-il. Selon lui, l’identification des taxis répond à un double enjeu dont sécuritaire et professionnel. « Il y a un mélange de taxis et de chauffeurs qui ne reconnaissent pas leur métier. Certains travaillent mal. C’est pour cela que nous avons décidé d’agir », poursuit-il.

Après une phase de sensibilisation, l’opération est entrée dans sa phase active avec la pose des autocollants. Chaque véhicule est désormais identifiable, une mesure qui devrait permettre de retrouver plus facilement un taxi en cas d’oubli d’objet ou de signaler un comportement inapproprié. L’initiative couvre déjà plusieurs zones, notamment Mwandzaza, Bweni ya Bambao, Voidjou et la région d’Itsandra. En parallèle, le syndicat indique avoir saisi le ministère de l’Intérieur, qui envisage un arrêté pour accompagner la réforme, avec l’appui des forces de sécurité. À terme, les taxis non identifiés pourraient être temporairement interdits d’exercer afin d’imposer ce nouveau système. Le projet prévoit également, dans les prochains mois, l’introduction de GPS pour permettre aux usagers de commander un taxi via une plateforme centralisée.

Sur le terrain, l’initiative est globalement bien accueillie . « c’est une très bonne chose. En tant que femme, on a souvent des appréhensions. Là, on pourra reconnaître les taxis et se sentir plus en sécurité », confie Nasma Ali, rencontrée sur la route Ambassadeur. Même son de cloche chez Salim Issa, agent à la Meck Moroni.  « C’est une initiative à saluer. Ça va mettre de l’ordre et valoriser les chauffeurs sérieux. » Les plus jeunes y voient aussi un signe de modernisation. « Si on peut appeler un taxi et savoir qui vient nous chercher, c’est mieux », estime Youssouf Halid, lycéen au GSA. « Ça rassure aussi nos parents quand on se déplace », ajoute Mariam Nawad, étudiante à la FST. Cependant des voix critiques se font entendre. « Ce n’est pas la première fois qu’on voit ce genre d’initiative. Ça commence, puis ça s’arrête. On espère que ce n’est pas juste pour collecter de l’argent », déplore un vendeur de Volovolo.

Un autre interlocuteur abonde dans ce sens tout en nuançant. « L’idée est bonne, mais il ne faut pas s’arrêter aux autocollants. Le vrai problème, c’est aussi le comportement de certains chauffeurs. Il faut un suivi sérieux. » Entre espoir et scepticisme, cette réforme du transport urbain à Moroni suscite l’attention. Reste à savoir si elle s’inscrira dans la durée et parviendra à transformer en profondeur les pratiques du secteur.

Mohamed Ali Nasra


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