La Gazette

des Comores

Tensions autour du 17 février : Femmes et jeunes de Mohéli lancent un avertissement

Tensions autour du 17 février : Femmes et jeunes de Mohéli lancent un avertissement © : Photo archives HZK-LGDC

À quelques jours du 17 février, date hautement symbolique dans l’histoire politique des Comores, le Mouvement des Femmes leaders et la Jeunesse consciente de Mwali montent au créneau. Dans un courrier adressé aux représentants de la communauté internationale, cosignataires et témoins de l’Accord-cadre de Fomboni de 2001, ils appellent à la retenue et demandent explicitement de ne pas accompagner le président Azali Assoumani lors de tout déplacement à Mohéli.


Dans une lettre solennelle adressée aux « Excellences » et « Honorables représentants de la communauté internationale », les femmes leaders et les jeunes engagés de l’île de Mwali expriment leurs « préoccupations majeures relatives au contexte politique et institutionnel actuel » de l’Union des Comores. Les signataires rappellent que les destinataires de leur courrier sont, pour la plupart, cosignataires, garants moraux ou témoins de l’Accord-cadre de réconciliation nationale de 2001. À ce titre, soulignent-ils, ils connaissent « parfaitement la sensibilité politique, institutionnelle et historique de l’île de Mwali » ainsi que « les équilibres fragiles » sur lesquels repose la cohésion nationale.

 

Au cœur de leur interpellation : la demande solennelle de ne pas accompagner le président Azali Assoumani lors d’un éventuel déplacement à Mohéli dans le contexte actuel. Selon eux, un tel geste ne serait pas perçu comme neutre. Il serait interprété par la population comme « un soutien explicite à une politique de confrontation » et comme une caution à ce qu’ils qualifient de « déni des accords politiques », notamment en ce qui concerne la Tournante et l’équité entre les îles. Les signataires insistent sur la dignité et la légitimité de Mohéli, affirmant que l’île « n’est ni un territoire conquis, ni une terre à pacifier, ni un décor diplomatique ».

 

Ils affirment leur attachement aux accords signés et leur détermination à les faire respecter « par des moyens pacifiques mais résolus ». Le courrier évoque également une centralisation jugée excessive des pouvoirs à Moroni. Les femmes et les jeunes dénoncent la concentration des recettes nationales, de la délivrance des documents administratifs et, plus récemment, des bulletins scolaires. Pour eux, cette évolution ne correspond pas à « l’esprit de la réconciliation nationale du 17 février ». Enfin, ils s’opposent à la tenue de la « journée du 17 février 2026 » à Mohéli, qu’ils estiment « manipulée » et porteuse de « risques aux conséquences incalculables ».

 

Tout en réaffirmant leur attachement à la paix, à la justice institutionnelle et au respect des principes fondateurs de l’Union, les signataires appellent la communauté internationale « à la retenue, à la cohérence et à la fidélité à l’esprit de réconciliation nationale ». À quelques jours d’une date hautement symbolique, cette interpellation citoyenne vient raviver les tensions autour de l’équilibre institutionnel entre les îles et place, une fois encore, la communauté internationale face à son rôle de garant moral de l’Accord de Fomboni.

 

Riwad

 


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