L'entrepreneur Housseine Ali Houssalam, gérant de l'entreprise Nouvelle Houssalam, affirme avoir été victime d'une saisie bancaire abusive à l'AFG Bank. Lors d'un point de presse tenu il y a trois jours en présence du président du SYNACO, Abdou Boina, il a dénoncé le transfert de plus de dix-neuf millions de francs à un huissier.
À l'origine du litige, un marché du projet PIDC portant sur la construction d'une route Nvuni-Boboni. Le chantier, selon lui, avait été attribué au groupement TSH qui réunit trois entreprises dont la sienne, Nouvelle Houssalam. Une avance de 58 millions a permis l'achat de machines et le démarrage des travaux qui ont duré six mois. Mais le contrat a été annulé avant l'achèvement des quatre kilomètres de bitume prévus. S'en est suivi un désaccord sur le remboursement des dépenses engagées. L'affaire a été portée devant la justice. « Le 14 août 2024, le tribunal nous a donné raison. Ils ont fait appel et nous avons encore obtenu gain de cause. Ils ont été sommés de nous payer », expliqua-t-il. Le nouveau litige débute en novembre 2025 d'après le commerçant. Venu alors retirer de l'argent à l'AFG Bank, il est interpellé par son conseiller bancaire. Ce dernier lui apprend qu'une ordonnance de saisie conservatoire a été adressée à la banque pour bloquer les fonds se trouvant sur son compte.
Il se rend alors au tribunal de commerce avec l'ordonnance et est orienté vers le président de la première instance, Ali Amane. Il y dépose une requête en mainlevée, évoquant un malentendu. « J'ai expliqué que c'était un malentendu et j'ai demandé une mainlevée, mais il a confirmé l'ordonnance de saisie. Pourtant, le tribunal de commerce m'a ensuite délivré un acte en ce sens pour que je puisse retirer mon argent », a-t-il affirmé. De retour à l'agence, le document n'est pas accepté. « Le conseil juridique de la banque n'a pas accepté l'exécution provisoire. Quelques jours plus tard, j'ai reçu une lettre m'informant que mon argent avait été transféré à un huissier », dénonçait-il. Housseine Ali estime que la procédure de la saisie conservatoire n'a pas été respectée et parle d'un abus. « Mon compte est bloqué depuis novembre 2025 et ce n'est qu'en juillet 2026 que l'argent a été transféré. Le problème n'est plus lié au projet PIDC qui n'est plus d'actualité. Aujourd'hui, le litige est avec la direction de la banque. J'ai confié l'affaire à la justice », insiste-t-il.
Toujours selon ses dires, hormis son cas personnel, il a évoqué lors de ce point de presse, celui d'un autre entrepreneur, Moindzé, gérant de l'entreprise HDM et membre du SYNACO, qui aurait lui aussi été victime de la même banque. Après un refus de crédit, une caution de cinq millions par chèque aurait été récupérée par un autre commerçant à son insu, avec l'aval de la banque. « Soyons prudents, j'ai fermé mon compte », a-t-il lancé. L'homme d'affaires dit avoir alerté par courrier le Président de la République et le Président de la Cour suprême. Dans ce dossier qui l'oppose à l'AFG Bank, il est défendu par Maître Fahmi Saïd Ibrahim. Il affirme avoir saisi à nouveau le tribunal pour obtenir le remboursement de ses fonds. « Ils sont organisés pour arnaquer, leur conseil juridique est dans le coup », conclut-il.
Hamdi Abdillahi Rahilie
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