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des Comores

Validation de l’AMTS : Le ministre appelle à transformer les données en réformes concrètes

Validation de l’AMTS :  Le ministre appelle à transformer les données en réformes concrètes © : HZK-LGDC

Le ministre de la santé Ahamadi Sidi Nahouda a officiellement ouvert ce jeudi l’atelier national de validation et d’adoption du rapport de l’analyse du marché du travail en santé (AMTS), une étude stratégique réalisée avec l’appui technique de l’organisation mondiale de la Santé (OMS) et le soutien financier de la Banque mondiale.


L’atelier réunit les gouvernorats des îles, les directeurs régionaux de la santé, les responsables des établissements hospitaliers, des cadres du secteur sanitaire ainsi que des représentants du ministère des Finances et des partenaires techniques et financiers. Pendant deux jours, les participants examineront les conclusions de l’étude afin de définir les orientations futures des ressources humaines en santé aux Comores. Au-delà de la validation d’un rapport, les trois principaux intervenants ont délivré un message convergent : les Comores disposent désormais d’un diagnostic solide et doivent passer à l’action pour construire un système de santé capable de répondre aux besoins de la population. Dans son discours, le ministre a rappelé que le développement du capital humain constitue une priorité nationale sous le leadership du Président de l’Union des Comores. Selon lui, les ressources humaines en santé représentent « un investissement stratégique, un pilier de notre souveraineté sanitaire et une condition essentielle de la justice sociale ». Il a souligné que les défis restent importants. En 2025, le pays comptait environ 3 928 professionnels de santé, avec une densité de 16,6 médecins, infirmiers et sage-femmes pour 10 000 habitants, soit à peine 37,3% du seuil de référence international fixé dans le cadre des Objectifs de développement durable.

 

Face à cette situation, le gouvernement ambitionne de renforcer la planification des effectifs, d'améliorer la formation initiale et spécialisée, de mieux recruter et fidéliser les professionnels de santé et d'assurer une répartition plus équilibrée du personnel entre les îles et les différentes structures sanitaires. Le ministre a également souligné que la modernisation du système de santé, notamment à travers le développement du Centre Hospitalier Universitaire El-Maarouf, devra s'accompagner du renforcement des établissements périphériques afin de garantir un accès équitable à des soins de qualité sur l'ensemble du territoire. « Cet atelier doit dépasser la simple validation technique du rapport. Il doit aboutir à une feuille de route nationale concrète, assortie de responsabilités clairement définies, d’échéances réalistes et d’indicateurs de suivi », a-t-il déclaré. Prenant la parole, la Représentante de l’OMS a souligné que les résultats de l’analyse révèlent des défis structurels qui vont bien au-delà d’un simple déficit d’effectifs. « Le défi des Comores n’est pas seulement de former davantage, mais de mieux planifier, mieux recruter, mieux répartir, mieux fidéliser et mieux financer les personnels dont le système de santé a réellement besoin », a-t-elle affirmé.

 

L’analyse met notamment en évidence plusieurs fragilités : une densité de personnels qualifiés encore insuffisante ; près des trois quarts des agents exerçant sous statut contractuel ou bénévole ; d’importantes disparités entre professions et entre îles ; des ressources publiques limitées pour financer durablement les recrutements. Pour l’OMS, une politique efficace des ressources humaines doit concilier les besoins sanitaires de la population, les capacités de formation, la disponibilité des compétences et les contraintes budgétaires de l’État. La Représentante a également attiré l’attention des participants sur les implications de l’ouverture progressive du CHU El-Maarouf. « Sa montée en charge devra être planifiée de manière à renforcer l’ensemble du système », a-t-elle averti, estimant qu’une concentration excessive du personnel à Moroni risquerait d’affaiblir davantage les structures périphériques et les soins de santé primaires. L’agence onusienne plaide ainsi pour une approche intégrée associant planification des ressources humaines, carte sanitaire, formation, recrutement, financement et développement hospitalier.

 

De son côté, le Représentant résident du Groupe de la Banque mondiale, Boubacar Sid Barry, a insisté sur la nécessité de faire de l’AMTS un véritable outil d’aide à la décision. « Les ressources humaines constituent le cœur de tout système de santé performant », a-t-il rappelé, soulignant que les infrastructures, les équipements et les médicaments ne peuvent produire leurs effets sans un personnel qualifié, motivé et correctement réparti. Pour l’institution financière internationale, la réussite de l’étude ne sera pas mesurée par la qualité du rapport lui-même, mais par sa capacité à influencer les décisions futures en matière de recrutement, de formation, de déploiement et de financement des postes de santé. « La véritable mesure du succès de cette analyse sera sa capacité à influencer des décisions concrètes », a-t-il déclaré. Le représentant de la Banque mondiale a quant à lui invité les participants à examiner le document avec rigueur et esprit critique. « La validation ne doit pas être considérée comme une simple formalité », a-t-il souligné. L’institution appelle notamment à identifier un nombre limité de priorités nationales clairement hiérarchisées, à préciser les responsabilités des différentes institutions et à définir les ressources nécessaires à leur mise en œuvre. Par ailleurs, le pays dispose aujourd’hui d’une analyse approfondie du marché du travail en santé et doivent désormais transformer cette connaissance en politiques publiques concrètes. Les données présentées montrent que nous sommes face à un double défi : renforcer quantitativement sa main-d’œuvre sanitaire tout en améliorant sa gouvernance, sa répartition géographique et son financement.

 

Hamdi Abdillahi Rahilie

 

 


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