Jeudi 03 septembre dernier, l'atelier national de consultation sur l'alignement des politiques de pêche et d'aquaculture de l'Union des Comores a officiellement clos ses travaux à l’Hôtel Retaj. Organisée du 1er au 3 septembre, cette rencontre stratégique s'inscrit dans la phase 2 du projet de gouvernance des pêches (FishGov 2).
Elle a réuni, sous l'égide de l'Union africaine à travers le « Bureau interafricain des ressources animales (UA-BIRA) » et du Ministère comorien de l'Agriculture, de la Pêche et de l'Artisanat, de nombreux experts, chercheurs, organisations professionnelles et partenaires internationaux comme l’Union Européenne. L'objectif était de formuler des pistes d’action concrètes pour moderniser le cadre réglementaire national de l'économie bleue. Le communiqué final de cet atelier met en avant des défis majeurs et propose des réformes structurelles urgentes. En premier lieu, les participants ont recommandé d'impulser le développement de l'aquaculture en s'appuyant sur les acquis expérimentaux de l’INRAPE et du projet de pisciculture IORA. Le communiqué insiste sur la nécessité d'instaurer des mécanismes financiers pérennes, des systèmes formels de concertation, ainsi qu’un dispositif structuré de collecte de données.
Sur le plan international, la ratification de l'Accord de conformité (CA) et la mise en œuvre d'un comité interagence face à la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) ont été fortement préconisées pour renforcer le rôle de l'État du pavillon. Une décision gouvernementale a également été annoncée : alors que les participants suggéraient d'intégrer le secteur au Plan National d’Investissement Agricole (PNIA), le ministère a pris le parti d’élaborer une Politique Nationale de la Pêche autonome, axée sur l’économie bleue et dissociée du PNIA, afin de valoriser pleinement le secteur. Le Secrétaire général du Ministère, Dr Tadjidine ben Ahamada, a salué la richesse des contributions et a exhorté tous les acteurs à traduire rapidement ces conclusions en actions concrètes. Il a rappelé que l'alignement sur les stratégies de réforme africaines (CPSR/PFRS) doit apporter des réponses pragmatiques, notamment par l'amélioration des infrastructures de débarquement, la réduction des pertes après capture, et la facilitation de l’accès aux financements et à la formation pour les professionnels.
Soulignant l'importance vitale de l'aquaculture pour la sécurité alimentaire et l'emploi, il a invité à lui accorder une place centrale dans les réflexions futures. Enfin, face à la vulnérabilité climatique de l'archipel, le Secrétaire général a appelé, à une protection rigoureuse des écosystèmes et à une étroite coordination entre institutions, chercheurs et communautés côtières afin de protéger les populations dépendantes de la mer. En clôturant l'atelier, il a résumé cette ambition collective : « une pêche et une aquaculture capables de nourrir notre population, de créer des emplois et des revenus, tout en restant durables et résilientes face aux changements climatiques ».
Mmagaza
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