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Violence policière au port de Mutsamudu : La victime donne sa version

Violence policière au port de Mutsamudu : La victime donne sa version © : HZK-LGDC

Après quelques jours qu’il s’est fait tabasser par trois militaires, la victime Issam Ali a donné sa version. Ce dernier nie avoir donné un coup à un militaire, contrairement à ce qu’avait laissé croire le commandant de la gendarmerie nationale.


Cela fait deux semaines que le jeune Issam Ali, originaire de Singani Hambou, a été passé à tabac par trois militaires au port de Mutsamudu. Ce jeune homme s’est fait trainer par le sol et rouer de coups par des éléments de l’armée nationale dans l’enceinte du port de Mutsamudu à Anjouan. Une semaine après, il vient de briser le silence et donner sa version des faits. Dans une vidéo diffusée en ligne, il nie en bloc avoir administré un coup à un militaire, contrairement à ce que voulait laisser entendre le commandant de ma gendarmerie nationale qui a tout de même condamné le comportement de ses hommes.

 

« Quand on est allé acheter le billet dans l’agence Acadi à Majunga, on nous a informés qu’on va faire une escale de 24 heures à Anjouan. C’est-à-dire partir de Madagascar le 08 pour arriver le 09 aout à 19h à Anjouan. Et repartir le 10 aout à 19h pour arriver à Ngazidja le 11 aout. Mais, en arrivant à Anjouan, nous avons entendu que l’escale sera prolongée de 48h au lieu de 24h. Nous avons demandé au commandant du bateau si c’était vrai, il n’a ni infirmé ni confirmé. On a monté un groupe de passagers, on s’est rendu directement à l’agence pour savoir la vérité. En arrivant à l’agence, on a vu l’affiche confirmant la prolongation de la durée de l’escale. Ça nous a fait mal bien sûr, car on nous a menti. Nous sommes entrés dans l’agence où, certes, nous avons haussé le ton mais sans agresser personne. On a réclamé de partir à la date prévue, soit le 10 au lieu du 11 aout », a fait savoir la victime.

 

« On avait demandé deux choses : si nous ne partons pas aujourd’hui, faites-nous sortir de ce bateau et nous loger nous quelque part. Après quelques minutes de discussion avec l’agence, un gars est entré dans une colère noire, il a voulu débrancher les appareils électroniques.  On lui a dit d’arrêter, car cela n’était pas une solution. L’agence a appelé la gendarmerie. Deux gendarmes routiers sont venus nous a expliquer tranquillement, avec professionnalisme, d’aller à la brigade pour trouver une solution convenable. Ils ont réussi à nous convaincre, nous avons accepté d’aller à la brigade. En sortant, on a vu d’autres militaires du garde-côte. Leurs collègues qui étaient venus à l’agence leur ont demandé de nous faire entrer à la brigade. J’étais devant. Le militaire du garde-côte a commencé à me parler d’une facon désobligeante comme si j’avais commis un crime. Je lui ai demandé d’arrêter car je ne suis pas un animal », explique-t-il, avant de poursuivre :

 

« A dix mètre du portail j’ai rebroussé chemin. J’ai vu que les autres sont arrivés au niveau du portail. Comme il n’arrêtait pas de m’insulter ma conscience m’a dit de ne pas suivre le militaire. J’ai senti que ça pourrait mal tourner avec la façon dont il me traitait. Je suis allé rejoindre mes compagnons d’infortune. Nous étions 9 en train de discuter. Le même militaire est venu m’enjoindre l’ordre de le suivre. J’ai refusé en disant que je vais le suivre avec mes amis mais pas seul. Il m’a attrapé, je lui aie dit de me laisser. J’ai levé les mains pour me protéger. Je ne lui ai ni frappé, ni secoué. J’ai juste haussé le ton répétant de me lâcher ». Malheureusement il n’a pas été relâché. Il sera passé à tabac par trois gendarmes. Ces derniers, identifiés par la hiérarchie, ont été immédiatement arrêtés et placés en garde à vue. Une enquête a été ouverte. On ignore à ce stade où on en est.

 

Nassuf Ben Amad

 


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