En marge de la Journée internationale des droits des femmes, le vendredi13 mars dernier, le Centre d’animation socioculturelle de Mtsangani (CASM) a accueilli une soirée d’échanges organisée par le Réseau national des femmes entrepreneures des Comores (Resnafe). Sous la modération de sa présidente, Bahirat Soilihi, le public a découvert trois voix féminines portant chacune un axe central du débat. Mohamed Chaïma, activiste chez Comor’Lab, Nadjda Said Abdallah, commissaire au Plan et présidente de l’association Mwana Tsi Wa Mdzima, et Hadidja Abdourazak, présidente de l’Association Développons-Nous (ADN).
La jeune activiste Mohamed Chaïma a mis en lumière les difficultés auxquelles les jeunes femmes sont confrontées dans l’accès à l’éducation et à l’emploi. « Nous voulons être actrices de notre avenir. L’autonomisation économique est la clé pour briser les dépendances et construire une société plus équitable. Il reste à sensibiliser les jeunes femmes afin qu’elles saisissent les opportunités et valorisent leurs talents », a-t-elle déclaré. Dans le public, Abkaria Chatoi, conseillère municipale élue, a réagi avec vigueur : « Nous avons besoin de mécanismes solides, pas seulement de discours. Trop souvent, les hommes nous freinent et nous empêchent d’atteindre le niveau que nous méritons. »
Nadjda Said Abdallah a, pour sa part, pris le temps de définir le leadership féminin avant d’aborder la question des violences faites aux femmes. Selon la commissaire au Plan, la solidarité entre femmes constitue l’une des conditions essentielles pour les pousser au-devant de la scène. Elle est ensuite revenue sur son engagement personnel, entamé en 2014 avec la création de l’association Mwana Tsi Wa Mdzima. « Nous avons accompagné plusieurs enfants et mené des sessions de sensibilisation dans les villages, les quartiers et les écoles », a-t-elle précisé, soulignant que la lutte contre les violences reste un défi permanent.
Enfin, Hadidja Abdourazak a insisté sur l’importance du leadership féminin dans l’entrepreneuriat et l’engagement citoyen. Pour la présidente de l’ADN, créer de la valeur revient à donner aux femmes les moyens de bâtir des entreprises solides, capables de générer des emplois et de renforcer l’économie nationale. Elle a rappelé que l’entrepreneuriat constitue à la fois un acte de leadership et de responsabilité sociale. Son intervention a ainsi élargi le débat en montrant que l’engagement citoyen des femmes ne se limite pas à la politique, mais s’exprime aussi dans leur capacité à innover et à investir pour le bien collectif.
Plusieurs femmes présentes dans le public ont ensuite exprimé leur souhait de voir émerger davantage de modèles féminins capables de les inspirer. Les voix des intervenantes et de l’assistance ont convergé vers une conviction commune : l’avenir du pays dépendra aussi de la capacité des femmes à occuper pleinement leur place, aussi bien dans les institutions que dans l’économie.
Aticki Ahmed Ismael
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