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Violences conjugales : Abdillah écope d’un an de prison pour avoir battu son épouse mineure

Violences conjugales :  Abdillah écope d’un an de prison pour avoir battu son épouse mineure © : HZK-LGDC

Le tribunal correctionnel de Moroni a condamné, vendredi 26 juin, Abdillah M'ze Mougni, 34 ans, à deux ans d'emprisonnement dont un an ferme pour des faits de violences volontaires commis sur son épouse, Rahima Madouhouli, âgée de 17 ans. À l'audience, le prévenu a reconnu avoir frappé sa femme, affirmant qu'il « n'avait pas le choix », tandis que la victime a relaté des violences répétées, des menaces et la perte d'une grossesse.


Les faits remontent au 19 juin dernier à Ougoni, localité d'origine de la jeune femme. À la barre, Rahima Madouhouli a livré un témoignage détaillé, marqué par l'émotion. « Cette nuit-là, il n'est pas venu me chercher chez la voisine comme il le faisait habituellement. Lorsque je suis rentrée à la maison, il était déjà là. J'ai voulu comprendre pourquoi il n'était pas venu, mais il s'est mis à crier avant de me donner des coups de pied au ventre, dans le dos et sur le genou. Il a ensuite pris un couteau et m'a menacée de mort », a-t-elle déclaré devant le tribunal. Selon la jeune femme, les violences se sont poursuivies le lendemain. « Il m'a battue devant sa mère et d'autres personnes. Personne n'est intervenu. J'ai réussi à m'enfuir, mais il m'a rattrapée et emmenée dans une maison inhabitée où il m'a frappée pendant près de deux heures. J'ai perdu ma première grossesse à cause de ces coups », a-t-elle affirmé.

Pour étayer ses déclarations, la victime a montré au tribunal des blessures visibles au niveau du genou. Le rapport médical versé au dossier a fait état de lésions au dos, au genou gauche et aux fesses, ainsi que de multiples cicatrices. Le médecin a également relevé des difficultés de mobilité chez la jeune femme. Face aux juges, Abdillah M'ze Mougni a reconnu les violences, tout en niant les menaces de mort. Il a admis avoir frappé son épouse à l'aide d'une ceinture. L'un des moments les plus marquants de l'audience est intervenu lorsqu'il a tenté de justifier ses actes.« Il m'arrive souvent de battre ma femme. Je n'avais pas le choix », a-t-il déclaré. Il a expliqué avoir interdit à son épouse de fréquenter une voisine et lui a reproché de lui avoir désobéi. « Je lui avais interdit de se rendre chez cette voisine. Elle m'a désobéi volontairement. Ce soir-là, elle m'a provoqué. J'ai également découvert qu'elle avait changé le mot de passe de son téléphone sans m'en informer », a-t-il soutenu, contestant toutefois l'ampleur des violences et le lien entre celles-ci et la perte de la grossesse.

La victime, quant à elle, a affirmé subir des violences régulières depuis son mariage. Son âge, 17 ans, et donc sa qualité de mineure au regard de la loi, ont particulièrement retenu l'attention au cours de l'audience. Dans ses réquisitions, le parquet a demandé une peine de deux ans d'emprisonnement, dont un an ferme, en soulignant la concordance entre les déclarations de la victime, les aveux partiels du prévenu et les constatations médicales faisant état de multiples traumatismes. Au-delà du cas individuel, cette affaire a mis en lumière la question des violences conjugales ainsi que la situation des mineures mariées. Le tribunal de Moroni a ainsi entendu le récit d'une adolescente évoquant des violences répétées, la perte d'une grossesse et l'absence d'interventions de son entourage.

El-Aniou Fatima


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