La Gazette

des Comores

Violences policières: Inadmissible

Violences policières: Inadmissible © : HZK-LGDC

Mercredi, au 3e jour du mouvement de grève contre la hausse des prix du carburant, les forces de l’ordre se sont rendues coupables de violences extrêmes à Maluzini, au sud de la capitale. Des femmes ont été interpellées de leur domicile pour être humiliées et torturées et pleine rue.


Alors que les forces de l’ordre étaient déployées à pour libérer les voies barricadées par les manifestants protestant contre la hausse du prix carburant, un militaire a escaladé le mur d’un domicile pour s’introduire dans une cour. Après avoir aperçu trois femmes assises sur la terrasse donnant sur ladite cour, il a ouvert le portillon pour faire entrer ses collègues en les appelant en ces termes : « namdje m’mone ma bibi-harusi tsayanu », qu’on peut traduire par : « venez par voir ces mariées ». Les militaires les ont trainées vers l’extérieur sous l’objectif d’un témoin qui a immortalisé la scène. La séquence la plus insoutenable montre un élément du peloton d’intervention de la gendarmerie nationale, le fameux PIGN, vêtu de noir et portant une arme à la ceinture, s'acharner sur l’une d’entre elles. Dans un geste d'une cruauté rare, il saisit la victime par les cheveux et lui passe de force un pneu autour du cou, ce alors que la malheureuse venait de la supplier de l’épargner car elle avait mal à la tête. « Si tu as vraiment mal à la tête, couvre-toi avec ce pneu alors », lui a assené le gendarme, selon des proches de la victime.

 

La femme, vêtue d'une robe longue orangée, semble pétrifiée et ne manifeste aucune résistance alors qu'elle est ainsi entravée et exhibée devant d'autres agents. Ses deux compagnes sont, quant à elles, bousculées par les forces de l’ordre. Toutes trois contraintes de dégager la voie à mains nues. Le reste des images montre les hommes en treillis utiliser des matraques pour frapper des civils, des hommes cette fois, déjà au sol, tandis que d'autres sont traînés sans ménagement. On y voit des scènes de chaos où ces individus dénudés et agenouillés, sont roués de coups par plusieurs agents simultanément.

 

L'un porte un short vert, l'autre est vêtu d'un short orange. Ils sont encerclés par trois militaires. L'homme au short vert reçoit un violent coup de pied dans l'abdomen, il tombe à la renverse. Les gendarmes encerclent et s’acharnent sur celui vêtu d’un short orange et lui assènent de violents coups au visage, à la tête et sur le dos. L'homme est forcé de s'abaisser. Un militaire tente de le relever avant de le brutaliser à nouveau.

 

Interrogé sur ces sujets précis lors d’une conférence de presse tenue dans l’après-midi du même jour au secrétariat général du gouvernement, le ministre de la justice a assuré, non sans une certaine légèreté, que « si des preuves existent, les militaires impliqués seront poursuivis ». Les images qui circulent sur les réseaux sociaux constituent pourtant, déjà, un témoignage accablant.

 

Toufé Maecha

 

 


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