Le remplacement de Huri Money par la nouvelle société Wakati relance la polémique autour du sort des anciens salariés de la filiale de Comores Télécom. Au total, douze agents, dont huit à Ngazidja, trois à Anjouan et un à Mohéli, sollicitent leur réintégration au sein de Comores Télécom. Après plusieurs années de service, certains avec 18 à 20 ans d'expérience professionnelle, ils dénoncent leur mise à l'écart et regrettent de ne pas avoir bénéficié d'une possibilité de retour dans leur entreprise d'origine.
L'arrivée de Wakati dans le secteur des services financiers numériques aux Comores ravive les interrogations sur l'avenir des anciens employés de Huri Money. Pour ces derniers, la transition vers cette nouvelle structure s'est faite sans véritable perspective de réintégration au sein de Comores Télécom. Ils disent aujourd'hui se retrouver sans emploi, malgré leur expérience et les années consacrées au fonctionnement de cette filiale. Dans un document adressé à l'opinion publique, les anciens salariés retracent les circonstances de leur transfert, les changements intervenus à la direction et les conditions de leur licenciement. Ils rappellent que Huri Money avait été créée par Comores Télécom pour développer ses activités dans les services financiers numériques. Dans ce cadre, une note datée du 7 mai 2021 avait officialisé le transfert de plusieurs agents vers cette filiale.
Le 10 août 2024, Simon est nommé directeur général en remplacement d'Issouf Hamidou. La passation de service intervient le 19 août suivant. Selon les anciens employés, le nouveau responsable aurait alors constaté une situation financière particulièrement difficile, proche de la faillite. Des suppressions de postes auraient suivi, touchant notamment des agents transférés depuis Comores Télécom. Le 12 avril 2025, les employés restants sont invités à signer des contrats de travail d'une durée d'un an. Certains auraient proposé des engagements de six mois renouvelables, afin de mieux encadrer leurs droits et leurs conditions de travail. La direction aurait toutefois maintenu la formule annuelle.
Le 6 avril 2026, le directeur général annonce le non-renouvellement des contrats. Six jours plus tard, le 12 avril, l'ensemble des agents est licencié. Après cette décision, un concours de recrutement aurait été organisé. Plusieurs anciens salariés ont refusé d'y participer, estimant que leur ancienneté et leur expérience auraient dû être prises en considération. Leurs préoccupations portent désormais sur les choix opérés dans le cadre de la nouvelle organisation. Ils regrettent que des nouveaux agents aient été privilégiés, selon leurs déclarations, alors que des employés disposant déjà de compétences et d'une expérience opérationnelle auraient pu être maintenus. Ils affirment également que plusieurs autres agents de Huri Money ont été écartés.
Au-delà du changement de société, de Huri Money à Wakati, ces douze anciens employés posent une question essentielle : comment peut-on transférer des travailleurs vers une filiale, les licencier quelques années plus tard, puis leur refuser toute possibilité de réintégration dans leur entreprise d'origine ? Ils interpellent ainsi la direction de Comores Télécom et les autorités compétentes afin qu'une solution soit trouvée. Pour eux, l'enjeu dépasse la seule question de l'emploi : il concerne aussi la reconnaissance de l'expérience professionnelle, la protection des travailleurs et la responsabilité d'une entreprise publique envers ses anciens agents.
Riwad
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