Depuis quelques mois, les habitants de la capitale sont confrontés à une forte pénurie d’eau. A cela s’ajoutent des coupures intempestives de courant sur l’ensemble du territoire. Une situation quasi-chaotique dans laquelle le silence des gérants des deux sociétés d’Etat passe mal. Où sont les vaillantes militantes du collectif « ADRIKINI » défenseurs des consommateurs ?
A Moroni, pour avoir de l’eau, il faut avoir de l’argent. C’est ce qui se passe depuis des mois. La Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE) a lancé des travaux de réhabilitation de ses citernes depuis le début de l’année, inachevés à ce jour. Pour accompagner la population, en mettant en place des solutions palliatives, la société met toute son énergie sur la vente d’eau aux camions citernes… à Vouvouni, devenu très lucratif. « Chaque mois, on m’envoie une facture alors que je ne reçois aucune goutte d’eau dans mes robinets. Au lieu de nous aider, ils misent toute leur énergie sur leur marché à Vouvouni car ils gagnent beaucoup d’argent en une journée », regrette Nourayat Ali, une jeune étudiante qui habite sur la route Elbak. « Ça fait des mois qu’on n’a pas d’eau. On est obligé de trimbaler avec des bidons à la recherche de l’or liquide ».
Une situation intenable pour une population qui dénonce en plus, le silence du directeur général de la société. « Aujourd’hui, nous ne savons toujours pas ce qui provoque cette situation. Quand est-ce qu’on aura de l’eau ? Dans 2 mois ? 3 mois ? Nada. Ce qui les intéresse, c’est leur commerce à Vouvouni », se plaint Salim Said, un jeune du quartier de Chezani au sud de la capitale. Un constat que partage Maman Kayam, mère de trois enfants : « Comment on va vivre ? Je dois nourrir mes enfants et en plus de ça, je dois acheter des bidons d’eau auprès de revendeurs qui sont devenus en plus très sollicités et donc difficiles à contacter. Ça devient très compliqué. Il est temps que les autorités nous trouvent des solutions, sinon nous allons tous mourir de soif ».
Et comme si les choses n’étaient pas assez compliquées, la SONELEC, principal fournisseur en électricité, enchaine les délestages plongeant la capitale dans le noir. Dans certains quartiers, il n’est pas rare d’être privé d’électricité pendant plus de dix heures. Si le directeur général de la Société Nationale d’Electricité des Comores avait annoncé la révision des moteurs des micros centrales, ce n’est pas le cas pour les centrales de Voidjou et d’Itsambouni qui attendent comme d’habitude, le concours de l’Etat.
Et tout comme la SONEDE, la SONELEC ne communique pas. « Des fois, on a l’électricité le matin mais malheureusement, on nous la coupe aussitôt. C’est dur, surtout pour nous menuisiers qui avons des commandes », regrette Younoussa qui a un atelier de menuiserie à Moroni. Les sociétés qui fonctionnent à l’énergie solaire ne sont pas non plus à l’abri ; vu la durée importante des coupures, les batteries finissent par se décharger. Une situation qui met à mal l’économie du pays, avec des secteurs très impactés notamment celui de l’alimentaire avec des pertes de produits périssables.
Nassuf Ben Amad
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC