La Gazette

des Comores

« Ça fait mal », un film sur les VBG en exclusivité à l’Alliance Française

« Ça fait mal », un film sur les VBG en exclusivité à l’Alliance Française © : HZK-LGDC

Le documentaire « Ça fait mal » diffusé à l'Alliance Française de Moroni, le 6 août dernier, a conduit le public dans le thème des violences basées sur le genre (VBG). Pendant plus 20 minutes, les témoignages des plaignants se sont mêlés aux analyses des défenseurs. Certains spectateurs ont confié à la sortie que ce film leur avait ouvert les yeux sur l’ampleur du phénomène.


Le film s’est ouvert sur des visages marqués par le silence, puis a laissé place aux voix des survivantes et survivants qui racontent leur vécu. À travers leurs témoignages, les curieux spectateurs ont découvert la brutalité des violences basées sur le genre, mais aussi les cicatrices invisibles qu’elles laissent. L’intrigue se construit autour de plusieurs différences, de la douleur exprimée par les victimes et la volonté de résilience qui les pousse à parler. Un documentaire croisant des récits intimes avec les analyses de magistrats, médecins, responsables associatifs et leaders religieux pour montrer que les violences ne sont pas seulement des chocs individuels mais un phénomène social. Chaque séquence était mobilisatrice.

 

Madame Loulou Said Issilamou, coordinatrice nationale de communication du projet SHAWIRI, a pris la parole pour rappeler la tenue de cette projection : « Ce documentaire est un outil pédagogique, mais surtout un cri collectif. Il nous oblige à regarder les violences en face et à comprendre qu’elles ne s’arrêtent pas lorsque les coups cessent. Les blessures visibles et invisibles marquent durablement les personnes, les familles et la société. Notre responsabilité est de renforcer la mobilisation collective, de soutenir les victimes et de créer un environnement où la parole peut enfin se libérer. » Elle a également insisté sur la nécessité d’un engagement citoyen et institutionnel : « Derrière chaque silence, il y a une parole qui mérite d’être entendue. Derrière chaque statistique, il y a une vie. Nous devons agir ensemble pour que ces voix ne soient plus étouffées. »

 

À la sortie, les discussions se sont poursuivies autour des défis de renforcer les dispositifs juridiques, améliorer l’accompagnement psychologique, et surtout briser le tabou qui entoure encore les VBG. Said Hachim, enseignant de Français nous confie : « On parle trop peu de ces sujets dans nos familles. En voyant ce documentaire, il nous oblige à briser le tabou. Je vais en discuter avec mes élèves, car la sensibilisation doit commencer tôt. » Une mère de famille venue avec sa petite famille réplique : « J’ai vu des histoires qui ressemblent à du vécu. Je me rends compte que nous devons écouter davantage et ne pas juger facilement. » La réalisation de « Ça fait mal » est le fruit d’un travail collectif porté par l’ONG EarthEcho Communications, dans le cadre du projet SHAWIRI, un appui à la protection et à la participation des femmes, des jeunes et de la société civile en Union des Comores, financé par l’Union européenne.

 

Aticki Ahmed Ismael

 

 


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