La consommation de la « chimique », une drogue de synthèse aux effets imprévisibles, suscite des inquiétudes croissantes à Mohéli. Sa circulation discrète et sa banalisation potentielle chez certains jeunes appellent à renforcer la prévention, l’information et l’accompagnement des personnes exposées à la dépendance.
La « chimique » commence à devenir un sujet de préoccupation à Mohéli. Derrière cette appellation se cache une substance psychoactive de synthèse, dont la composition peut varier et dont les effets sont difficiles à prévoir. Sa circulation étant souvent discrète, il reste difficile d’en mesurer précisément l’ampleur sur l’île. Ces produits sont généralement présentés comme reproduisant certains effets du cannabis et peuvent être mélangés à du tabac ou à d’autres substances avant leur consommation. Mais leurs effets peuvent être beaucoup plus imprévisibles. Après une sensation d’euphorie ou de détente, certains consommateurs peuvent connaître de l’anxiété, une perte de contrôle, des troubles du comportement ou des hallucinations. Une consommation répétée peut également favoriser la dépendance et entraîner des difficultés familiales, sociales ou professionnelles.
À Mohéli, des observateurs alertent notamment sur le risque de banalisation auprès des jeunes. La curiosité, l’influence du groupe ou encore la sous-estimation des dangers peut pousser certains à essayer la substance sans mesurer les conséquences. Un ancien consommateur, qui témoigne sous couvert d’anonymat, raconte son expérience : « Au début, je pensais que ce n’était pas grave. On me disait que c’était juste pour essayer. » Selon lui, sa consommation a progressivement pris une place importante dans sa vie, entraînant des changements de comportement et des difficultés avec son entourage. Un ancien vendeur, également anonyme, affirme avoir constaté les conséquences de cette activité. « Au début, je pensais surtout à l’argent. Je ne mesurais pas les dégâts que cela pouvait provoquer », témoigne-t-il. Il assure avoir vu des consommateurs rencontrer des problèmes familiaux et perdre progressivement leurs repères.
Ces témoignages restent individuels et ne permettent pas, à eux seuls, d’évaluer l’ampleur du phénomène. Ils soulignent néanmoins la nécessité d’une vigilance accrue. Face à cette situation, la prévention apparaît comme une priorité. Les écoles, les familles, les quartiers et les villages doivent être davantage mobilisés pour informer les jeunes sur les risques liés aux drogues de synthèse. Le dialogue et l’écoute peuvent également aider à repérer plus tôt certaines situations préoccupantes. La réponse ne peut toutefois pas se limiter à la répression. Les personnes confrontées à une dépendance ont besoin d’écoute, d’orientation et d’un accompagnement adapté. À Mohéli, l’enjeu est donc d’agir avant que la « chimique » ne se banalise davantage. Informer aujourd’hui, c’est contribuer à protéger les jeunes, les familles et la société de conséquences qui peuvent être lourdes demain.
Riwad
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC