Une séance d’échanges autour de l’éducation financière s’est tenue dans la localité d’Ouzio, dans la région de Cembenoi (Mitsamihuli). Organisée par K-Invests, cette rencontre a permis de sensibiliser une vingtaine d’agriculteurs sur les bénéfices de l’inclusion financière : ouverture d’un compte bancaire, constitution d’une épargne, et structuration en coopérative agricole. Une initiative saluée par les participants, qui y voient une opportunité concrète pour sécuriser leurs revenus et renforcer leur autonomie.
Conduite par Anziz Koudra, la mission K-Invests axée sur la sensibilisation à l’éducation financière s’est distinguée tant par sa qualité que par le nombre de participants, lors d’une séance d’échanges tenue le 13 juin dernier avec des agriculteurs de la communauté de Cémbenoi. Très pédagogue dans son intervention, Anziz Koudra a précisé : « Avec la volonté de la Banque centrale des Comores, et surtout du gouvernement, K-Invests déploie à travers tout le territoire national une politique d’éducation financière. Il s’agit d’un volet essentiel du Projet d’appui au développement du secteur financier (PADSF), qui vise à faciliter la vie quotidienne de chaque citoyen. Nous nous mobilisons avant tout pour sensibiliser et encourager la population à s’inscrire dans une démarche d’inclusion financière. »
Selon les statistiques récemment publiées par la Banque centrale, le taux de bancarisation reste encore faible dans le pays. En effet, une majorité de citoyens ne détient pas de compte bancaire. Beaucoup préfèrent conserver leur argent à domicile, souvent caché sous l’oreiller ou dans une armoire. Cette pratique, bien que courante, présente de nombreux inconvénients. Non seulement elle limite l’accès des citoyens aux services financiers modernes (épargne sécurisée, crédits, paiements électroniques…), mais elle expose également les ménages à des risques importants, notamment en cas de vol, d'incendie ou de dépenses impulsives.
C’est dans ce contexte qu’Ali Soilihi, l’un des formateurs juniors de la région, a tenu à sensibiliser les participants sur l’importance de sécuriser et de mieux gérer leur épargne. Il explique : « Il est très facile de dépenser l’argent que l’on garde sur soi. Dès qu’un besoin se présente, même minime, on est tenté d’y puiser. Pour éviter ces dépenses parfois inutiles, je recommande de diviser son salaire en trois parts : 50% pour les charges du foyer, 25% pour les imprévus (santé, urgences…), et 25% à placer à la banque en tant qu’épargne ». Il poursuit :« Cet argent épargné peut non seulement générer des intérêts ou servir de garantie, mais aussi ouvrir l’accès à des crédits pour financer des projets. C’est pour cela qu’il faut éviter de conserver son argent sous l’oreiller. En cas de vol, il n’y a aucune garantie. Ce n’est pas le cas avec une banque. »
Devant une assistance attentive et réceptive, l’importance de posséder un compte bancaire est apparue comme une évidence. Le second formateur junior, Hamada, a souligné avec insistance les opportunités qu’offre la digitalisation croissante du monde : « Aujourd’hui, nous vivons à l’ère du numérique. On parle désormais de portefeuille digital. Cela signifie que toutes les transactions peuvent être réalisées via un téléphone mobile, à travers des services comme Mvoula, Huri money ou Holo. Il est possible d’acheter en ligne, de recevoir des paiements ou de gérer ses finances sans se déplacer. » Mais encore faut-il disposer d’un compte bancaire pour pouvoir financer des projets personnels ou professionnels. Dans cette dynamique, Fatouma Abdou Rassoul, participante, a soutenu l’idée de créer une coopérative : « La richesse ne se construit pas du jour au lendemain. Certaines personnes ont connu la pauvreté avant de devenir riches avec le temps, tandis que d'autres ont vu leur fortune s’évanouir. Toute richesse est éphémère si elle n’est pas bien gérée. C’est pourquoi je soutiens la création de coopératives : elles permettent de mieux faire face aux aléas professionnels grâce à une gestion collective et solidaire. »
La séance s’est achevée dans un esprit d’ouverture et de mobilisation. Plusieurs participants ont exprimé leur volonté d’ouvrir un compte bancaire. De son côté, Anziz Koudra a encouragé les participants à aller plus loin, en envisageant la mise en place de projets structurants, notamment à travers la décentralisation de l’économie par la création de centres économiques dans les régions. Des projets ambitieux qui ne pourront voir le jour qu’avec la force et l’unité d’une coopérative agricole bien organisée.
Kamal Gamal
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