La Gazette

des Comores

Éducation : Un colloque à Paris pour repenser l’Afrique francophone

Éducation : Un colloque à Paris pour repenser l’Afrique francophone © : HZK-LGDC

Pendant deux jours, les 16 et 17 octobre à Paris, chercheurs, enseignants, doctorants et acteurs institutionnels se sont réunis, en présentiel et à distance, à l’occasion du colloque international ComoresTice4, organisé par l’association ComoresTice en collaboration avec ses partenaires. Placée sous le thème « L’Afrique francophone : la recherche comme levier d’un développement effectif des secteurs de l’éducation, de la santé et de l’économie verte », cette édition a donné lieu à des échanges riches et à des communications mettant en lumière l’importance de la recherche africaine, notamment comorienne, dans le développement de ces secteurs.


Ce colloque était réfléchi à partir d’un constat partagé entre chercheurs africains. Malgré des avancées notables depuis les années 1970, les sociétés africaines restent confrontées à des défis persistants. La scolarisation progresse, mais les conditions d’apprentissage demeurent fragiles. Les systèmes de santé s’améliorent, mais l’accès aux soins reste inégal. Les économies se diversifient, mais restent vulnérables aux chocs extérieurs. Face à ces réalités, les organisateurs ont souligné la nécessité de dépasser les simples statistiques pour interroger les conditions concrètes de l’éducation, de la santé et de l’économie. Dès la session plénière consacrée à l’économie verte, les chercheurs ont mis en avant l’impact des nouvelles technologies sur la gouvernance locale. Mme Ikram Essaid de l’Université Cadi Ayyad a montré comment l’intelligence artificielle peut optimiser la performance des collectivités territoriales, en particulier dans la région Marrakech-Safi.

Le deuxième axe du colloque a mis en lumière les défis sanitaires. Les débats ont montré que les défis sanitaires ne se résument pas aux hôpitaux et aux médicaments. Ils concernent aussi les politiques publiques, l’organisation des soins et les inégalités sociales. Les nouvelles technologies et la recherche pharmaceutique offrent des perspectives, mais les intervenants ont rappelé que l’innovation n’a de valeur que si elle répond aux besoins réels des populations. Le professeur Said El Rhabori de l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah au Maroc a présenté les apports des NTIC et de l’intelligence artificielle dans la découverte des médicaments contre les maladies chroniques.

Le troisième axe a porté sur l’éducation et le capital humain. Les discussions, notamment sur les Comores, ont révélé les insuffisances des infrastructures et la nécessité de renforcer la formation continue des enseignants. Les pédagogies innovantes, l’éducation inclusive et le numérique ont été présentés comme des leviers pour placer l’apprenant au centre des transformations. L’enjeu intensifié reste sur comment transformer l’accès à l’école en véritables compétences et en insertion professionnelle.

Les conclusions montrent que la recherche ne doit pas rester confinée aux laboratoires. Elle doit éclairer les politiques publiques, inspirer les pratiques professionnelles et répondre aux besoins des populations. Pour l’association ComoresTice, organisatrice de l’événement, cet investissement était de renforcer les collaborations entre chercheurs africains, institutions et société civile. Comme l’a rappelé le coordinateur scientifique du Colloque, Docteur Nour Fahad, docteur en sciences de l’éducation et membre fondateur de l’association ComoresTice « un colloque se mesure autant à la richesse des débats qu’à sa capacité à inspirer des initiatives durables ».

Aticki Ahmed Ismael

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.