C'est au cimetière de Mpaje dans son Mutsamudu natal que repose désormais celui qui aura incarné l'athlétisme comorien durant les deux dernières décennies.
Pépite de l'athlétisme, il était jusqu'à sa mort chargé au niveau du COSIC de la détection des jeunes talents en athlétisme en tant qu'instructeur de niveau 2. Coureur de sprint (400m) et de demi-fond (800m), il aura participé tout au long de sa carrière aux plus grandes compétitions du monde. C'est au début des années 1990 que le jeune Faissoil a débuté sa carrière d'athlète. Tout au long de sa carrière, il a bénéficié de la connaissance des plus grands entraineurs de la discipline surtout au côté du regretté Fundi Chakira qui l'a initié aux rouages de l'athlétisme. « Ce dernier était devenu plus qu'un entraîneur, un père pour moi », nous a confie Faissoil dans l'un de ses derniers entretiens. Ensuite, il a enchaîné au côté de l'emblématique Abdoulwahab Said Azali entraîneur et ancien président de la Fédération Comorienne d'Athlétisme.
En 1994, il effectue son premier voyage en Europe, la vingtaine, le jeune athlète débarque à Paris pour prendre part au deuxième jeu de la francophonie. Une année plus tard, il bat le record national du 800m lors des jeux universitaires de Fukuoka au Japon en établissant un nouveau chrono de 1m 55s. Une performance unique en son genre vu la durée de la précédente marque (1m 59s) qui datait de 1959. C'est à Dakar au Sénégal que Kamal Abdoulwahab actuel diplomate à l'ambassade des Comores à Paris avait établi ce chrono.
Deux ans après les jeux de Paris, c'est à dire en 1996, Faissoil est rentré dans l'histoire pour avoir fait partie des 6 athlètes ayant pris part aux jeux olympiques d'Atlanta (USA), une première pour les Comores. Il fut lors de ces jeux, le premier sportif comorien à être un porte drapeau lors des jeux olympiques.
En 1997, il prend part à ses deuxièmes jeux de la francophonie à Madagascar avant d'enchaîner l'année suivante par les jeux des îles de l'océan indien à l'île de la Réunion.
Faissoil Ben Daoud a mis fin à sa carrière lors des 9ème jeux de l'océan indien en 2003 en obtenant le Bronze avec le relais 4×400m comorien. Il a raté de peu le Bronze au 400m plat, battu d'un cheveu par un athlète malgache.
Après sa fulgurante carrière, Faissoil a obtenu un diplôme de niveau 2 pour pouvoir s'occuper des jeunes athlètes. Avant sa mort, il était chargé de la détection de jeunes talents. Son souhait, c'est de voir le pays organiser les jeux des îles de l'océan et en prime des médailles d'or plus particulièrement dans sa discipline se prédilection. Malheureusement, il ne vivra pas assez longtemps pour voir ce rêve se réaliser. Non plus, il n'aura pas la chance de voir ses jeunes protégés évoluer lors des prochains jeux des jeunes de l'Océan Indien à Maurice du 4 au 11 décembre. La grande famille du sport, l'athlétisme en particulier pleure la disparition d'un homme au cœur immense et à l'éducation irréprochable.
Tous ceux qui l'ont connu que ce soit à Dar Nadja au côté du gouverneur Anissi Chamssidine, au COSIC avec le président Ibrahim Mohamed Mze lequel l'a rendu hommage parlent d'un homme courtois à l'engagement insatiable. « Faissoil Ben Daoud a été un athlète de renom qui a porté avec fierté le drapeau comorien à travers le monde. Le mouvement (COSIC) présente ses sincères condoléances, et sa sympathie la plus profondément et la plus douloureusement à ses enfants, à sa famille et à la Fédération Comorienne d'Athlétisme ». Le regretté repose au cimetière de Mpaje ou on espère qu'il aura un repos Éternel.
AS Badraoui
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