Après les infrastructures, le poste de dépense le plus important dans l'organisation d'événements sportifs tels que les jeux des îles, reste sans doute la préparation des athlètes, non en termes de chiffres mais de nécessité. Toute raison gardée, et à titre de comparaison lors des jeux de Paris en 2024, si le budget global des infrastructures était évalué à 3,63 milliards d'euros, celui de la préparation des athlètes avait coûté à l'Etat français un peu plus de 300 millions d'euros.
Stages, entraîneurs, équipements, suivi médical, nutrition et compétitions préparatoires, c'est cet ensemble qui constitue dans le jargon des jeux, la préparation des athlètes. À ce jour, aucune indication claire ne nous a encore été fournie, mais il est tout de même problématique de constater que la question ne semble pas encore être un enjeu majeur aux yeux des dirigeants. Contrairement à l'organisation, où des chiffres ont été avancés lors de la récente visite du CIJ aux Comores, notamment sur l'hébergement des athlètes et le transport. « Ce sont de véritables villas en dur (200 villas offrant au moins 800 à 1 000 chambres) qui sont en construction. Un projet financé à hauteur de 29 millions d'euros (14,5 milliards KMF) par le consortium des banques locales (Exim Bank, AFG Bank, Meck Moroni, Sanduk Anjouan). »
Dès lors, une question mérite d’être posée : quelle place est réellement accordée à la performance sportive dans les préparatifs des Jeux de 2027 ? Car si l’hébergement et le transport constituent des éléments indispensables à la réussite de l’événement, ils ne garantissent en rien les résultats sur le terrain. À moins d’un an de l’échéance, les athlètes ont besoin d’une feuille de route précise, d’un calendrier de préparation et de moyens à la hauteur des ambitions affichées. L’enjeu ne consiste pas seulement à réussir l’organisation des Jeux, mais aussi à permettre aux sportifs comoriens de défendre leurs chances de médailles à domicile. Faute d’une vision claire sur les ressources consacrées à leur préparation, le risque est grand de voir les Comores réussir leur rendez-vous organisationnel sans obtenir les performances sportives espérées.
Toutefois, il y a de cela quelques mois, des chiffres nous ont été donnés sur la mobilisation des fonds pour la préparation des athlètes. Si aucun document, ni discours officiel n'est venu corroborer ces dires, la somme de 100 millions avait été avancé comme une probabilité. Mais hélas, depuis c'est le silence total et les différentes fédérations continuent à naviguer à vue et leur préparation plus que jamais compromise. Le cas le plus flagrant reste tout de même celui de la pétanque, qui attend depuis des semaines le versement des 9 millions que l'Etat a consenti pour permettre à cette discipline de prendre part à la prochaine coupe du monde (Championnat du monde) en Thaïlande.
Cette situation soulève ainsi des interrogations sur la capacité des autorités à traduire les engagements annoncés en moyens réellement disponibles pour les sportifs. Car au-delà des montants évoqués, c’est bien la régularité et la rapidité des financements qui conditionnent la qualité de la préparation. À mesure que l’échéance de 2027 approche, chaque semaine perdue réduit les possibilités de mettre les athlètes dans les meilleures conditions. L’organisation des Jeux ne saurait donc occulter l’impératif de performance, qui exige anticipation, accompagnement et visibilité budgétaire. À défaut d’un dispositif de financement clairement établi, les ambitions comoriennes risquent de se heurter à une réalité persistante : celle de sportifs contraints de préparer une compétition majeure dans l’incertitude. La recherche de véritables sponsors devra se faire dès maintenant, pour maximiser les chances de nos athlètes, toutes disciplines confondues.
Imtiyaz
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